02.12.2009

Mobilisation citoyenne

police.jpgpar Marie-Pierre BARRIERE

 

Suite aux violences policières du 19 novembre dernier qui se sont produites à la sortie du lycée Roosevelt, lors d'une visite de François Fillon dans l'établissement, les actions se succèdent:

 

 

1) Un collectif d'organisations se mobilise

Les organisations syndicales, de parents d'élèves et droits de l'homme (Les responsables des parents d'élèves et du personnel du lycée Roosevelt, FCPE, SNES, SNESUP, FSU, CGT, Solidaires, Ligue des Droits de l'Homme, Ligue de l'Enseignement) qui souhaitaient s'exprimer contre un inadmissible état de siège d'un lycée prenant les lycéens et le personnel en otage, suivi de violences contre des jeunes puis de condamnations, se sont réunies lundi 30 novembre à la maison des syndicats.

Elles ont décidé :

- d'envoyer à tous les institutionnels un courrier sur les évènements du jeudi 19 novembre, qui ont remis en cause les valeurs fondamentales de circuler, de liberté d’opinion, de parole et de manifester.

- d'amplifier la campagne de témoignages et de les faire connaître, non seulement à l'intérieur du lycée Roosevelt (sur les lieux réservés à l'expression des personnels et des élèves), mais à l'extérieur : université, parents d'élèves, syndicats... En complément, nous demandons aux témoins qui l'acceptent, d'écrire leur témoignage selon les formes requises, afin qu'il soit utilisé par les avocats.

- de réagir collectivement aux propos inacceptables du directeur de la police qui déforme la réalité : nous envoyons un communiqué à la presse et le diffusons partout où nous pouvons (voir texte joint ci-dessous).

Le directeur de la Police (1).pdf

- d'appeler à une réunion de toutes les personnes qui n'acceptent pas ce qui s'est passé et veulent réagir :
réunion jeudi 3 décembre à partir de 20h, à la maison des syndicats dans la salle formation au rez-de-chaussée. A cette réunion, nous proposerons la mise en place d'une collecte centralisée afin de payer les avocats, la création d'un site internet donnant des informations et incitant à écrire des témoignages...

 

2) Une pétition à diffuser autour de vous

Voici le texte de la motion votée au Conseil d’Administration du lycée Roosevelt, par les organisations de parents d'élèves et du personnel, reprise en pétition avec le soutien FCPE, SNES, SNESUP, FSU, CGT, Solidaires, Ligue des Droits de l'Homme, Ligue de l'Enseignement.

Avec les personnels et parents d’élèves du lycée Roosevelt de Reims, nous tenons à protester solennellement contre les violences des forces de l’ordre à l’occasion de la venue des ministres au lycée le jeudi 19 novembre 2009.
Bien loin de protéger les usagers du lycée, conformément à leur mission, elles ont contribué par leur attitude (refusant notamment que le proviseur informe les élèves de la nécessité de reculer) au déclenchement de la violence aboutissant à des élèves molestés, blessés, interpellés. Y a t-il eu des directives allant dans le sens d’un nettoyage des abords du lycée ?
Les conséquences sont telles, qu’elles nécessitent la demande d’une cellule de soutien psychologique dans l’établissement.
Tout comme les parents, enseignants, personnels éducatifs, nous sommes aujourd’hui indignés : comment promouvoir les valeurs de citoyenneté et de démocratie auprès des jeunes, témoins ou victimes de tels agissements ?
En raison des circonstances inadmissibles de ces événements, nous demandons l’abandon de toutes poursuites à l’égard des jeunes interpellés.

Motion - signer 1-1.pdf


3) Une réunion à Reims

jeudi 3 décembre à partir de 20h, à la maison des syndicats

dans la salle formation au rez-de-chaussée

 

 

Pour information complémentaire, un lien sur le site du rapport d'Amnesty International concernant les violences policières:

Des policiers au-dessus des lois

 

 

23.11.2009

De « cordée de réussite » en cordon de sécurité, ne pas se résigner !

police.jpgpar Marie-Pierre BARRIERE

Les faits


Jeudi 19 novembre dernier, le premier ministre François Fillon était en visite au lycée Roosevelt à Reims pour expliquer la réforme du lycée et son volet « Cordées de réussite ». Un attroupement de militants constitués de membres du NPA et de lycéens s’était formé devant le lycée pour « accueillir » le premier ministre. On peut déplorer ce qu’on veut des motivations réelles de ces manifestants aux modalités de leur action, il n’en reste pas moins qu’ils usaient en pays démocratique de leur droit fondamental de manifester…


Or, la consigne est claire : place nette lorsqu’arrive un officiel ! Forcément les erreurs préfectorales en la matière sont si sévèrement sanctionnées qu’il n’est plus question de donner l’occasion à quelques hurluberlus de ternir l’image locale d’ordre et de rigueur. Les policiers et les gendarmes mobiles évacuent donc l’entrée de l’établissement considérant indistinctement les passants, qu’ils soient  manifestants ou simples élèves désireux de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement pour se rendre en cours. Mais certains d’entre eux résistent et des échauffourées éclatent entre les manifestants et  les forces de police : jets de pierre, coups, blessures. Pas question de laisser le crime impuni ! Dix interpellations dont 5 lycéens, 1 jeune homme de 20 ans relâché aussitôt et 4 étudiants.


Les témoignages de ces étudiants recueillis dans l’Union, sont édifiants :


Se préparant à passer le concours d'inspecteur du travail, Damien Laugier, 24 ans, demeurant à Soulanges, aurait porté des « coups de pied » et des « coups de poing » sur le bouclier d'un gendarme mobile. « Ce n'est pas vrai. J'étais dans le rassemblement en tant que militant du Nouveau parti anticapitaliste. J'ai voulu calmer le jeu quand j'ai vu des lycéens se faire écraser par d'autres lycéens suite à la charge des gendarmes, j'ai été pris entre les deux feux. Je me suis débattu. Un policier m'a attrapé. »
Sedanais de 24 ans, Yacoub Guezoul étudie la philosophie. Selon des policiers en civil « infiltrés » parmi les manifestants, il aurait jeté une pierre sur les gendarmes mobiles. « Je n'ai pas jeté de pierre. J'étais coincé contre une barrière quand un gradé a dit à deux gendarmes : Attrapez-moi celui-là ! »
Deux pierres auraient été lancées par Léo Belenguier
, un Rémois de 18 ans inscrit à la fac d'histoire. « Je suis arrivé sur le pont de Laon. Il y avait des gens qui jetaient des pierres. Je leur ai dit d'arrêter car ça ne servait à rien. Les policiers ont dû me confondre avec eux. » Y'a-t-il eu « délit de faciès » ? Il le suggère. « En garde à vue, on lui a quand même fait remarquer qu'il avait un look particulier », s'étonne Me Kadiyogo, l'avocate du garçon portant tenue et coiffure rasta.
Accusé d'avoir jeté une pierre, Savinien Fege, 20 ans, étudiant rémois en menuiserie, se dit lui aussi victime d'une arrestation ciblée, mais pour un motif politique. « Damien est militant NPA. Je milite aussi. » Il pense que la police a exploité l'occasion de s'en prendre à des membres actifs de la « jeunesse militante ».


La suite, c’est le père de Léo qui la raconte :

« Après 24 heures de garde à vue traumatisantes (refus de l'informer de notre connaissance de sa situation, annonce que sa garde à vue pouvait être prolongée s'il niait, refus de nous contacter pour que nous  communiquions aux forces de l'ordre les coordonnées de notre avocat...), il a été jugé en comparution immédiate qu'il a acceptée pour éviter de se retrouver en "préventive" chantage odieux qui ne lui laissait d'autres choix que le procès expéditif ou la prison. Il n'a rencontré son avocat commis d'office que quelques minutes avant d'entrer dans le prétoire ce qui laisse perplexe sur le temps accordé pour préparer sa défense.
Malgré la demande des avocats et des inculpés, malgré l'absence complète de preuves (le seul témoignage écrit est celui du policier blessé qui disait n'avoir reconnu personne et expliquait que les jets de pierre venant de l'arrière de la manifestation ne leur étaient pas imputables puisqu'ils étaient sur l'avant )et malgré les dénégations des quatre inculpés, cette bande vidéo (NDLA : qui avait été présentée comme preuve accablante justifiant l’arrestation)  n'a jamais été présentée à quiconque et le procès s'est conclu par une peine de sursis de trois mois pour chacun alors même qu'aucun témoin n'avait été entendu et qu'aucune preuve n'existait. La conclusion de tout cela dépasse ce qu'un citoyen français peut imaginer: la condamnation sans preuve d'un innocent pour l'exemple.
"


La question


Le traitement policier qui a été fait de cette manifestation, hélas, nous incite à beaucoup de suspicion : un régime qui emprisonne et condamne au hasard des jeunes parce qu’ils revendiquent un droit civique peut-il réellement souhaiter la réussite de ses jeunes ? Elles sont sérieusement entachées de soupçon, M. le Ministre, vos « cordées de réussite » quand on voit à quoi vous employez ces cordes !


Seule une mobilisation citoyenne consciente peut permettre à notre société d’échapper à cette frénésie répressive et aveugle.
Quelles actions pouvons-nous engager non pas  d’abord pour que les droits fondamentaux soient préservés, mais  pour que les manquements à ce respect soient considérés comme un scandale par nos concitoyens.  Que faire pour que ces interpellations, ces condamnations devenues quotidiennes restent un motif de révolte profonde pour tous ceux qui en sont informés ? Comment lutter contre la banalisation de l’injustice ? Comment tenir vivant l’esprit de la démocratie dans un pays où l’arbitraire règne en maître, où on peut se faire arrêter et condamner quand on a 18 ans, juste parce qu’on était au mauvais endroit, au mauvais moment, qu’on porte des dreadlocks, qu’on milite au NPA ou que nos parents ne sont pas nés en France ?


Oui, que faire afin que ce que décrit Vàclav Havel ci-dessous ne puisse se produire!


"Ce que la conscience sociale considérait il y a peu de temps comme indécent, est aujourd’hui couramment excusé pour être demain accepté et devenir, sans doute après demain un modèle. Ce à quoi nous refusions hier de nous accoutumer, ce que nous tenions pour impossible, nous l’admettons aujourd’hui sans nous en étonner comme une réalité. Et inversement, ce qui pour nous, naguère, allait de soi, est devenu à présent, une exception et sera demain - qui sait ? - considéré comme un idéal inaccessible."

Vàclav Havel, ‘Lettre ouverte à Gustav Husak’, 8 avril 1975

LES PARENTS FCPE A TOUS LES PARENTS DU LYCEE ROOSEVELT DE REIMS.pdf

 

24.11.2008

Triste spectacle samedi matin!

image Grenelle.jpgpar Alain GOZE

Dans le cadre du Grenelle Local de l’Environnement la première manifestation publique de communication et de sensibilisation auprès des châlonnais s’est déroulée samedi 22 novembre 2008 sur la place Foch avec pour thème « la gestion des déchets » au sein de la communauté d’agglomération.


En ce samedi matin, sous un ciel de neige et sur une place Foch ventée, j’ai assisté à un triste spectacle, à une mascarade de manifestation.


Spectacle de désolation place Foch, 4 ou 5 stands dont celui de la CAC, du matériel exposé notamment des véhicules, un container de déchets et des agents de la Ville et de la CAC (de permanence) qui faisaient les cent pas pour se réchauffer. Quelques âmes chalonnaises qui traversaient la place rapidement, un maire qui est passé « au pas de course », pas de stand de la ville, pas d’animation, une mairie fermée, des élus absents, un directeur de la ville du cadre de vie venant saluer ses personnels, un Président de commission du Grenelle tentant de valoriser auprès d’un journaliste l’opération………et j’oubliais Alain Biaux maire de Fagnières, vice président de la CAC, conseiller général qui assurait la permanence du stand de la CAC et qui comme moi quitta la place frigorifié vers 11h30 !


A propos du stand de la CAC mon attention a été attirée par les petits radiateurs qui chauffaient le stand, était-ce une faute de goût mais il m’a semblé qu’ils ne s’inscrivaient pas dans l’esprit du développement durable!...