15.01.2009
Trop c'est trop!

par Marie-Pierre BARRIERE et Alain GOZE
Trop, c'est trop!
C’est le cri des Palestiniens, c’est le cri des Israéliens, c’est le cri de tous ceux Humanistes, Hommes et Femmes de progrès qui se battent quotidiennement pour la Paix dans le monde !
Depuis trop longtemps la haine est le seul vecteur de communication entre ces deux peuples !
Aujourd’hui, l’un des deux subit une agression militaire inacceptable dont les images nous parviennent, un peu plus atroces, chaque jour.
Cependant méfions-nous de la politique de l’émotion, de la facilité de la manipulation par l’horrible !
Parmi nous, sur le sol français, des agitateurs s’emparent de la détresse et de la peur des autres pour forger des armes qui ont pour nom racisme, communautarisme, identitarisme. Nous n’en voulons pas ! Ne nous trompons pas, ne tombons pas dans le piège que certains nous tendent pour mieux instrumentaliser ce conflit qui sert leurs intérêts. Les palestiniens ne sont pas des jeunes de cité en recherche d’identité !
S’il est exclu de cautionner les actes terroristes du Hamas, on ne peut pas non plus confondre le Hamas et la Palestine. Il y a des raccourcis en politique internationale qui témoignent d’une singulière facilité à transiger avec les accords internationaux, les droits de l’homme et la diplomatie régulière. Israël aujourd’hui semble céder au raccourci ! Et, en écho de sourdine, les tirs de roquettes du Hamas continuent, tirés du Liban…
Trop, c’est trop !
La guerre ne devrait pas durer affirment les analystes de géopolitique : des signaux devaient être donnés de part et d’autres et pas seulement à l’adversaire. La réalité de ces territoires est complexe et les enjeux du conflit dépassent les horizons de nos simples consciences de citoyens. Les intérêts sont partout, ici, là-bas, les aides financières lient la France et la communauté européenne aux deux parties… Martin Luther King disait en 1967 à propos de la guerre du Vietnam : « Quand les problèmes posés nous semblent aussi déconcertants qu’ils le sont dans cet épouvantable conflit, nous sommes toujours sur le point de nous laisser hypnotiser par l’incertitude. »
Mais en attendant…
Des années de sauts de puce en avant dans la recherche pour la construction de la paix, des années de tensions dans une haine aveugle et passionnelle qui détruisent ce que les hommes de bonne volonté construisent patiemment…
Trop, c’est trop !
Les blessures sont profondes de part et d’autres, les occulter, les comparer en terme d’intensité ne conduira qu’à perpétuer la haine de celui qui les a provoquées. Le chemin de la paix ce n’est pas l’évitement, ni concurrence, ni la surenchère, ni l’indifférence, ni la tranquillité coite.
Le chemin de la paix c’est le respect, la tolérance, la reconnaissance de l’autre différent de moi. Elle ne peut se réaliser que dans le calme avec des esprits assagis et non empreints de colère et de haine pour conduire à terme à la fraternité.
Aujourd’hui, nous savons que la paix entre Israël et la Palestine ne sera pas seulement l’affaire d’Israël et de la Palestine. La communauté internationale tout entière est liée à la résolution du conflit. La France, avec l’Europe et l’Europe avec les Etats-Unis, au-delà de leurs intérêts ou accointances, doivent œuvrer pour qu’une solution de paix durable soit trouvée dans la région. Cela passe par la création d’un véritable Etat Palestinien et la reconnaissance sans exclusive de l’Etat d’Israël.
Pour conclure, citons encore Martin Luther King et son appel à une fraternité mondiale :
« Une authentique révolution des valeurs signifie en dernière analyse que nos allégeances doivent devenir oecuméniques et non plus sectorielles. Chaque nation doit désormais se sentir liée par-dessus tout à l’ensemble du genre humain pour préserver ce qu’elle a de meilleur dans sa société individuelle. »
et Léon Bourgeois (Prix Nobel de la Paix) qui déclarait en 1907 au Sénat après la seconde conférence de la paix de La Haye : « Pour nous partisans résolus de l’arbitrage et de la paix, le désarmement est une conséquence et non pas une préparation. Pour que le désarmement soit possible, il faut tout d’abord que chacun sente que son droit est assuré. C’est la sécurité du droit qui, d’abord, doit être organisée. Derrière ce rempart, seulement, les nations pourront désarmer ».
17:35 Publié dans politique internationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israel, palestine, paix








