20.05.2009

Une autre campagne européenne à l'initiative de la CPCA

que serait l'europe sans les asso.jpgLa CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) a été créée en 1992, elle regroupe aujourd'hui 16 coordinations associatives structurées nationalement et représentant 16 fédérations, soit 500 000 associations.

C'est un lieu d'interlocution politique indépendant qui travaille à une reconnaissance pleine et entière des valeurs et intérêts du monde associatif dans la société française.

Elle publie aujourd'hui  un manifeste intitulé QUE SERAIT L'EUROPE SANS LES ASSOCIATIONS? dans le cadre de la campagne électorale pour les européennes. Sur ce manifeste sont affirmés 7 enjeux transversaux primordiaux pour le mouvement associatif qui oeuvre à la fois pour le dialogue entre les institutions et la société civile et en tant qu'acteur incontournable d'une Europe sociale, responsable et solidaire.

PROPOSITIONS portées par le Manifeste et que la CPCA charge ses membres de répercuter auprès des candidats:

1) Une charte de la société civile établissant des standards clairs de régulation entre la société civile et les institutions européennes.

2) La participation de la société civile dans le dialogue civil européen pour vérifier que les acteurs institutionnels sont au fait des principes de la démocratie participative et de sa complémentarité avec la démocratie représentative.

3) Le statut de l'association européenne pour permettre aux associations labellisées de participer au dialogue civil européen sur les thématiques transversales.

4) Le bénévolat, creuset de la citoyenneté européenne et un appel à faire de 2011 l'année européenne du bénévolat.

5) Pour une directive sur les SSIG (Services Sociaux d'Intérêt Général) qui permettrait la reconnaissance de l'économie sociale pour mieux cerner le champ des services délivrés par le 1/3 secteur et clarifier la législation européenne en la matière.

6) Le financement des associations par le développement d'instructions de demandes de financements plus claires et accessibles.

7) L'Europe responsable et solidaire par l'adoption de décisions allant dans le sens de l'intérêt des populations les plus pauvres et la vérification de la réalisation des engagements pris par les chefs d'Etats en matière de développement.

 

Il apparaît à la lecture de ce manifeste que la meilleure prise en compte de l'importance du secteur associatif par l'Europe est peut-être une des clés qui permettrait de la rendre plus sociale et et plus citoyenne, à l'heure où on lui reproche sa technicité et son hermétisme...

Manifeste_CPCA_Europeennes.pdf

 

 

13.05.2009

L'Europe peut résoudre des crises!

drapeau_europeen.4_150.jpgC'est la bonne nouvelle que laisse entrevoir un sondage réalisé fin février, trois mois avant les élections européennes par l'institut LH2 en fonction d'une enquête téléphonique auprès de 997 personnes représentatives de la société française: les français accordent une légitimité à l'Europe pour régler un certain nombre de problèmes clés.

Tout d'abord, les chiffres présentant l'intérêt pour les élections européennes témoignent d'un équilibre relatif entre les intéressés (53%) et les non intéressés (47%), l'intérêt pour les échéances européennes augmentant en fonction de l'âge, de la situation professionnelle et du niveau d'études.

En revanche, le chiffre de ceux qui pensent que l'Europe ne peut pas faire changer la situation actuelle de la France (69%) est assez inquiétant et révélateur d'un manque de confiance en l'Europe et en ses capacités réelles à influencer les politiques nationales...

Le choix de la liste en fonction des enjeux nationaux reste majoritaire (52% contre 40% pour ceux qui se déterminent en fonction d'enjeux européens), ce qui paraît également regrettable, dans la mesure où les questions européennes dépassent nettement le cadre des Etats Nations.

Mais l'analyse doit être affinée car les sympathisans de la gauche et du MoDem sont plus sensibles aux enjeux européens que les sympathisans de droite mais la palme revient aux Verts (59% enjeux européens / 36% enjeux nationaux).

Les champs d'action pour l'Europe en matière de résolution de crise sont unanimement l'environnement et la question de l'immigration. Par contre, les sondés continuent à penser que les questions de logement, de retraite, d'éducation et de santé doivent se gérer sur le plan national.

Peu d'originalité en ce qui concerne la question de la légitimité des courants pour gérer les crises: la droite est meilleure en économie, la gauche en social et les écologistes en environnemental!

Les attentes principales des français pour l'avenir de l'Europe sont qu'elle puisse développer une politique économique commune, une politique commune en matière d'environnement. Mais les sympathisants de gauche misent davantage sur le développement d'une politique sociale alors que ceux de droite ciblent plutôt une Défense européenne commune.

 

Pour consulter l'intégralité du sondage, cliquez ici.

 

09.05.2009

Puisque nous ne voterons pas ensemble…

drapeau_europeen.4_150.jpgPar Marie-Pierre BARRIERE

 

Le 7 juin prochain, les membres de l’association La Nouvelle Force comme de nombreux ( ?) citoyens français se rendront aux urnes pour élire leurs députés européens. Chacun votera selon son appartenance…

Cela ne nous empêche pas aujourd’hui 9 mai, puisque nous croyons tous qu’elle est un chemin incontournable, de souhaiter ensemble une bonne fête à l’Europe qui elle aussi se construit au creuset des différences.

L’Europe est en crise mais elle existe et elle existe bien plus en profondeur que ne le croient les délateurs de son fonctionnement et tous ces populistes qui tentent de nous faire croire que sa construction s’oppose au bien des Etats nations.

L’analyse des processus historiques de longue durée inscrit la construction européenne dans un horizon millénaire. Et si l’urgence de la paix s’est fait ressentir de façon plus nécessaire au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la communauté européenne s’est forgée dès le Moyen-Âge sur les chemins des armes, du commerce, des migrations, des déplacements des clercs, des chevaliers et même des brigands. Mais cette évolution n’a jamais suivi le modèle de l’Etat national et n’ayant pas aujourd’hui de peuple homogène, pas d’espace et d’opinion publics, l’Europe peine à convaincre les citoyens de sa réelle représentativité, d’autant plus qu’elle a contribué également à affaiblir l’importance de la souveraineté des Etats nationaux qui le lui rendent bien par la voix de certains hommes politiques l’accusant à qui mieux mieux  des difficultés de la gestion nationale.

L’Europe est en marche sur la voix de la recherche de l’équilibre : entre l’intérêt européen commun et les stratégies nationales, entre l’assimilation culturelle et le multiculturalisme, entre la reconnaissance des acquis de la construction européenne et la lutte contre les insécurités qu’elle a suscitées…

Au coeur de ces épineuses questions, il faudrait pouvoir s'appuyer sur cette certitude: la société européenne existe. Les échanges débutés au Moyen-âge ont repris leurs cours, les hommes d’affaires, les étudiants, les parlementaires européens et leurs collaborateurs, les artisans contribuent à créer cette opinion publique européenne… et les migrations perturbent également la définition des identités nationales en voie de recomposition…

Les anciennes catégories ne peuvent plus s’appliquer au monde qui est en train de naître « fondé sur de nouvelles formes de coexistence sociale qui ne pourront plus être homogènes et qui produiront une grande variété de formes d’existence à la fois locales et transnationales »,(1) voilà pourquoi les discours sur l’Europe sont souvent si décevants eu égard à la réalité de l’Europe aujourd’hui, aux défis devant lesquels elle est placée et qui devraient élargir le champ de nos espoirs et de nos enthousiasmes. Comme en 1948 lorsque la guerre était devenue impensable pour Jean Monnet et Robert Schuman, nous sommes placés devant des défis sociaux, économiques et environnementaux incontournables et impensables en dehors d’une résolution collective. Comme le disait Jean Monnet le 12 mai 1954 : " Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir. "

En tout état de fait, il paraît bien peu opportun de transposer dans la campagne que nous vivons aujourd’hui nos modes de fonctionnement partisans nationaux, autrement dit de vouloir « politiser » l’Europe en lui appliquant les clivages français, d’autant plus qu’ils révèlent leurs limites en matière de démocratie représentative… En effet, la question européenne dépasse de loin nos querelles nationales, elle nous invite à nous risquer dans la conception de nouveaux possibles, voilà pourquoi, elle sollicite de notre part une posture d’ouverture et de remise en cause. Robert Pitch dans la conclusion de l’ouvrage collectif Visions d’Europe, définit l’Europe comme « un processus continu d’apprentissage et d’éducation ». Qu’est-ce qu’apprendre sinon abandonner une vieille représentation pour en construire une nouvelle ? « Tout ce qui sert à promouvoir la compréhension mutuelle des européens et à une perception plus claire des interdépendances nationales est le meilleur investissement pour l’avenir commun. » (1)

Bonne fête à cette Europe en chantier et à tous les européens bâtisseurs qui pensent comme nous avec confiance que " Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et [que]a Communauté elle-même n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain. " Jean Monnet, Mémoires

 

(1) Perspectives: à la recherche de l'Europe réelle, Robert Pitch, in Visions d'Europe, Ed Odile Jacob, septembre 2007

08.05.2009

Mobiliser l'Europe pour que cesse la spoliation des pays en voie de développement par les multinationales

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La campagne Hold-up international est menée à l’initiative conjointe:

 


- d’Oxfam France – Agir ici qui est une association de solidarité internationale qui a fait le choix de l’engagement citoyen pour lutter contre les injustices mondiales. Ses engagements tiennent en quelques verbes forts : informer, faire pression sur les décideurs et proposer des solutions concrètes de régulation. Cette association revendique son indépendance politique, confessionnelle et financière.


- du CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement) – Terre solidaire, première ONG française de développement qui soutient chaque année plus de 500 projets de développement dans 80 pays. Il invite chaque citoyen à devenir acteur de solidarité au quotidien.

La campagne vise à interpeller les futurs députés européens afin de rappeler qu’une entreprise n’a pas pour unique fonction de produire des biens et des profits mais qu’elle se doit de s’inscrire par la création d’emplois et le paiement de l’impôt dans la réalité du territoire sur lequel elle est implantée et dans sa communauté. Elle est sensée respecter un certain nombre de critères éthiques, surtout lorsqu’elle est installée dans un pays qui n’est pas celui de son siège social !

Or, force est de constater que les entreprises implantées dans les pays du sud ne s’embarrassent pas très souvent de grands objectifs humanistes et que la mondialisation économique rime plus souvent avec pillage qu’avec développement. Face à la faiblesse de la réglementation des Etats, les abus se multiplient : en matière sociale, le droit du travail n’est pas respecté, en matière environnementale, la pollution est irréversible, en matière financière, la fraude fiscale fait peser l’impôt sur les plus faibles.

L’Union européenne s’est engagée à promouvoir le développement durable à travers le monde. Elle ne peut accepter de tirer le moindre profit de cette situation inique alors même qu’elle abrite les sièges de ces entreprises peu scrupuleuses ainsi que nombre de paradis fiscaux où se réfugient les fonds qu’elles mettent à l’abri de l’imposition. L’Europe a les moyens d’agir !

Signons la lettre au Président de la République pour attirer son attention sur ces points précis et contactons les têtes de listes aux européennes pour engager le débat avec eux.

Pour en savoir plus, lire la brochure du CCFD

Signer la pétition