28.06.2009

Logement pour les jeunes à Châlons et dans l’agglomération : Une galère de plus !

image logement des jeunes.jpgPar Alain GOZE

La délibération

A partir d’une étude, réalisée par un cabinet professionnel, (Guy Taïeb conseil – Orgeco ), intitulée : « Mission d’aide à l’élaboration d’un programme d’actions pour le logement des jeunes sur l’agglomération »,  BBB a fait délibérer le conseil municipal le 3 juin dernier sur ses proposions d’actions qui se résument pour le logement des jeunes à  la création d’une Résidence Etudiante CROUS et à  la mise en place d’une plate-forme centralisée d‘accueil et d’information sur le logement des jeunes.

Il a introduit également dans cette délibération deux autres propositions qui sont sans rapport avec la problématique du logement des jeunes et qui concernent le secteur des loisirs et du tourisme.

L’une concerne « la fin de vie » de l’Auberge de Jeunesse  dans la mesure où il se refuse à reconstruire cet équipement et préfère faire labelliser des chambres dans des meublés des résidences étudiantes au sein de la ville. Ce qui est en réalité une manière détournée de régler
des « comptes » politiques avec l’équipe dirigeante de l’Auberge de Jeunesse.

L’autre proposition a pour objet, au motif de renforcer l’attractivité de l’agglomération vis à vis des jeunes champardennais , de  diversifier l’offre d’hôtellerie de plein air du camping municipal en proposant de confier la gestion du camping à un prestataire privé. Ce qui consiste tout simplement à se débarrasser de la gestion du camping municipal, via une délégation de service public.

L’étude sur le logement des jeunes a été réalisée comme le souligne le cabinet d’étude, dans un contexte de territoire urbain et industriel peu dynamique, de territoire en déclin démographique depuis les années 1999 et où le pôle emploi a des gains limités depuis 1999, de  territoire que les jeunes très qualifiés et qualifiés quittent.

L’état des lieux dressé par le cabinet d’étude fait ressortir globalement une offre locative sociale pour les jeunes sur un parc de logement «  peu tendu », important mais très souvent inadapté.

L'insuffisance des propositions

Lorsque l’on compare les propositions de BBB par rapport à l’ensemble des besoins repérés, je suis amené à constater une fois de plus le décalage et l’inadaptation de celles-ci.

L’étude cible quatre publics, les jeunes actifs, les jeunes étudiants, les jeunes en difficultés économiques et sociales, les jeunes de passage (j’écarte volontairement de mon analyse les jeunes de passage qui sont ciblés uniquement pour justifier les mesures qui ne concernent pas le logement des jeunes).

Elle démontre que les jeunes actifs, une population avec revenus, qui se tournent vers le parc social et privé (population difficilement quantifiable  par manque d’indicateurs récents), rencontrent des difficultés pour se loger face à une offre de logements inadaptée (logements en mauvais état, vétusté, coût élevé au regard de la qualité).

Pour ces jeunes actifs l’offre provient principalement des casernes militaires et de logement SNI pour les militaires, du Foyer de Jeunes Travailleurs (F.J.T.), de la résidence privée des Launes.

Pour les jeunes étudiants, une population de 1600 jeunes environ (chiffre qui n‘intègre pas les jeunes en formation professionnelle d’apprentis qui sont environ 2000)  et dont la présence est discontinue sur le territoire, l’étude souligne une offre de logements dédiée quantitativement importante mais inadaptée pour partie.

Pour ce public étudiant l’offre provient, de la résidence étudiante de l’Effort Rémois, de la résidence étudiante de l’EMSAM, des internats des lycées, de l’internat du CFA, du F.J.T, de la résidence privée des Launes (qui ne peut répondre à la demande avec des loyers élevés).

Il est précisé que pour ce public les bailleurs sociaux n’ont pas de politique particulière et que les logements, inadaptés à la vie étudiante, sont peu accessibles en fonction de leurs revenus et des cautions exigées.

Enfin, pour les jeunes en difficultés économiques et sociales (sans ou très peu de ressources) qui représentent environ plus de 2150 jeunes, l’offre de logements est insuffisante en quantité et en qualité.

L’offre pour ces jeunes qui ont besoin d’être accompagnés et suivis pour l’accès et le maintien dans un logement par des structures spécialisées, provient du F.J.T (qui est en grande difficulté), du Comité Local pour le Logement Autonome des Jeunes (C.L.L.A.J, qui va disparaître) et du CCAS pour certains hébergements d’urgence sociale.

Les propositions de BBB en réponse au diagnostic dressé par le cabinet d’étude ne sont donc pas à la mesure des enjeux d’insertion sociale et professionnelle des jeunes et de développement  territorial qui nous sont posés.

L’absence de réponse aux besoins de certains publics s’avère même très inquiétante et témoigne à mon sens d’une absence réelle de volonté politique d’élaborer un programme global d’actions pour le logement des jeunes au sein de l’agglomération.

En effet, si la proposition de créer une Résidence Etudiante CROUS de 80 logements pour les étudiants peut éventuellement se concevoir, bien que Châlons ne soit pas une ville étudiante (pas d’université) mais une ville d’IUT, qu'en est-il des propositions pour les autres publics jeunes ciblés par l’étude ?

 

Les questions que ne résout pas la délibération

Quelles propositions pour les besoins des jeunes en formation et/où en insertion professionnelle qui sont de plus mobiles ?

Quelles propositions pour une offre de logements de qualité suffisante et diversifiée dans l’agglomération pour les jeunes actifs, pour les jeunes ménages en début de parcours autonome ?

Quelles propositions pour une offre de logements adaptée aux besoins des jeunes en difficulté économiques et sociales ?

Quelles propositions pour accompagner les jeunes en difficulté à l’accès à un logement autonome ?

L’étude dégage quelques pistes de réflexions et certaines propositions pour répondre à ces questions.

BBB ne les a pas reprises dans le programme d’actions qu’il a fait voter au conseil municipal, en dehors de la plate forme d’information pour connaître les disponibilités d’offre de logements sur le territoire, d’accompagnement et de conseil, sorte de « guichet unique » pour les jeunes et la Résidence Etudiante CROUS.

Pourquoi n’a-t-il pas mobilisé l’ensemble des bailleurs sociaux pour mettre en œuvre un programme spécifique de logements pour tous les publics jeunes ciblés ?

Pourquoi n’a-t-il pas engagé de démarches pour revisiter le programme habitat élaboré par la CAC  qui ne prévoit pas d’actions particulières pour le logement des jeunes ?

Pourquoi n’a-t-il pas prévu d’initier un programme d’actions avec d’autres partenaires publics ?
avec la Région qui traite dans ses compétences des jeunes lycéens et des jeunes étudiants, avec le Conseil Général qui gère les fonds publics à destination du logement social pour les jeunes et qui a mis en place un programme habitat dans le département.

Pourquoi attend-il depuis plusieurs années d’accélérer le projet de restructuration du Foyer de Jeunes Travailleurs en résidence sociale alors que celui-ci connaît de graves difficultés de fonctionnement qui menacent à terme son existence ?

Pourquoi n’a-t-il pas doté le CCLAJ de moyens suffisants pour faire face à sa mission d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes par le logement, alors que nous savons que ce type d’intermédiaire social est indispensable pour relayer et accompagner la politique publique du logement des jeunes en difficultés économiques et sociales ?

Nous aurons peut-être des réponses à ces questions prochainement avec le nouveau Secrétaire d’ Etat au Logement et à l’Urbanisme, Benoist Apparu.

Lui, qui dans le mandat municipal précédent, en tant qu’adjoint chargé de la jeunesse à Châlons, a été incapable de mettre en place une véritable politique d’insertion sociale et professionnelle en direction des jeunes.

Lui, qui tout récemment n’a pas su développer un argumentaire de fond en réponse aux questions et critiques que je formulais sur les propositions de BBB à propos du logement des jeunes lors du dernier conseil municipal, me traitant même de personnage « pathétique ».

J’espère que cette nouvelle fonction ministérielle l’amènera à avoir un nouveau regard et un peu plus de considération sur les problématiques du logement des jeunes en particulier.

Car, il serait plus que pathétique de voir sur notre territoire de nouveaux ghettos d’exclusion sociale avec les tentes des « Enfants de Don Quichotte » comme réponse à la galère de certains jeunes pour se loger !

01.06.2009

Agenda 21 : jusqu’où BBB retiendra-t-il les idées de la Nouvelle Force ?

vignette débat moyen.jpgpar Bruno Malthet

 

 

Le 28 mai, les conseils communautaire et municipal de Châlons-en-Champagne étaient invités à se prononcer à peu près sur les mêmes sujets, à savoir la suite à donner au 150 fiches issues du Grenelle local de l’environnement (GLE) et la mise en œuvre d’un agenda 21.

Le conseil communautaire avait à son menu deux délibérations, le conseil municipal une seule. L’écart provenait de ce que, du côté ville, l’agenda 21 n’était aucunement développé et qu’il se trouvait réduit qu’à une simple ligne dans la délibération relative au GLE.

Les élus municipaux ne siégeant pas au conseil communautaire ou n’ayant pas eu la curiosité d’assister à l’autre assemblée n’avaient donc pas connaissance des propos assez surprenants tenus par M. Apparu sur le rôle très réducteur qu’il attribuait à un Agenda 21.

Lors du conseil communautaire, M. Apparu a insisté sur le fait que l’Agenda 21 ne serait qu’un « simple débouché administratif » qui offrirait « un cadre de référence pour le financement » des actions du Grenelle local de l’environnement. Bref, pour faire simple, une pompe à fric. Quant au pilier social de l’Agenda 21, totalement absent du projet de délibération communautaire, il a fallu l’intervention en séance de Alain Biaux, maire de Fagnières, pour le rappeler.

Lors du conseil municipal, sans l’intervention d’Alain Goze, l’Agenda 21 serait passé totalement aux oubliettes. A en croire M. Apparu, cette intervention d’Alain Goze aurait été un « un cours de droit administratif » tout aussi inutile que rasoir, sans doute parce que les élus municipaux maîtrisaient parfaitement bien le concept d’Agenda 21. Ce qui manifestement, bien que ce ne fut pas dit, n’était absolument pas le cas des élus communautaires à qui on avait cru devoir présenter une délibération leur exposant succinctement sur deux pages ce qu’était un Agenda 21.

Mais la rage de M. Apparu envers Alain Goze venait de ce que M. le député n’avait manifestement pas apprécié que son opposant lui rappelle les deux citations précédentes et apporte à l’assemblée communale son expertise sur ce qu’est réellement un Agenda 21. Pourtant, il faut bien le reconnaître, bien peu d’élus et de citoyens le connaissent et encore moins le maîtrisent.

L’intervention d’Alain Goze fut toutefois loin d’être inutile et ne saurait être réduite à ce que l’Union en rapporta le 29 mai (cf., sur le site www.catalaunien.net cet article et la réaction de l'association Nouvelle Catalaunie à la date du 30 mai 2009). Le maire a en effet, au moins implicitement, donné tort à son bouillant dauphin et, par ricochet, raison à Alain Goze en proposant de modifier substantiellement la délibération pour tenir compte de ses remarques.

Alors que le projet de délibération prévoyait de créer un comité de suivi du GLE distinct de celui de la communauté d’agglomération, le maire a proposé que la ville « décide la mise en place d’un comité de suivi commun avec la CAC ». Quant à l’Agenda 21, pour lequel le projet ne prévoyait qu’un simple engagement à participer à celui de la CAC, la modification présentée prévoit désormais que « la ville participera à l’Agenda 21 dont la CAC est chef de file ».

La ville disposera donc d’un véritable Agenda 21 qui sera un sous-ensemble de celui de la CAC et dont les modalités, comme Alain Goze l’a fait préciser au maire, seront définies ultérieurement en conseil municipal, ce que le projet de délibération initial ne prévoyait absolument pas.

Comme le rappela Alain Goze, l’Agenda 21 est un outil devant servir pour un « vrai projet politique au niveau du territoire » qui n’est ni de gauche, ni de droite, même si, dans l’Union du 28 mai, la section locale du PS s’est prononcée contre cet outil. Ce positionnement est d’autant plus curieux que l’Agenda 21 figurait dans le programme municipal de cette formation (comme, au demeurant, dans celui de la Nouvelle Force), contrairement à celui de Bruno Bourg-Broc. Mais la morale est sauve : l’élue PS présente a en effet voté la délibération que son leader vilipendait la veille.

Il reste maintenant à vérifier si l’Agenda 21 sera effectivement au service d’un tel vrai projet ou bien, comme le voulait M. Apparu, un simple cadre administratif destiné à aller chercher des financements nationaux ou européens.

Il appartiendra à La Nouvelle Force de veiller à ce que ce qui fut chassé par la porte ne revienne pas par la fenêtre lorsque le conseil municipal aura à se prononcer, comme le maire s’y est engagé, sur les modalités de mise en œuvre de l’agenda 21.

04.05.2009

Un plan de relance local inadapté, au parfum de coup médiatique !

image fumée.jpgPar Alain Goze, conseiller municipal, La Nouvelle Force pour Châlons

 

 

Comme il nous l’avait annoncé lors du dernier conseil municipal BBB a présenté lors d’un conseil exceptionnel la semaine dernière son plan de relance local.

Lors de la présentation de ce plan de relance il a beaucoup insisté sur sa volonté d’apporter à  l’ensemble de nos concitoyens « des signes forts » en faisant un effort particulier pour accélérer les investissements publics afin de soutenir l’économie locale.

Comme je l’avais exprimé lors de l’annonce de son projet au mois de mars dernier,  la démarche ne peut-être recevable qu'à condition qu’elle soit globale et qu’elle intègre à la fois un volet économique par l’investissement mais également un volet social par des mesures adaptées à la crise économique et sociale que nous devons affronter.

Le plan de relance local élaboré par BBB et son équipe municipale et qui a donc fait l’objet d’une délibération de notre conseil municipal m’amène à exprimer une très grande déception, une profonde inquiétude et une certaine révolte tant il est en décalage avec les réalités de la crise, de ses effets et de ses conséquences dans la vie locale.

Une grande déception car ce plan n’a rien d’exceptionnel, il ne propose pas d’orientations prospectives structurantes en terme d’investissements qui pourraient réellement soutenir l’activité économique et stimuler l’emploi et ne développe pas de programmation pluriannuelle sur la durée du mandat

Il s’appuie sur des propositions  d’investissement qui ne sont que des projets ordinaires dont le financement était déjà prévu pour certains dans le budget d’investissement de l’année 2009 à partir des  décisions modificatives budgétaires qui interviennent chaque année au mois de juin dès que l’on a affecté le résultat bénéficiaire du compte administratif de l’année précédente (restructuration école Lapie/Verbeau – réfections : trottoir et voirie – clôtures d’écoles…)

Une profonde inquiétude car si certains retiennent le montant de 1 498 000€ du plan de relance en mesures dites nouvelles, il faut savoir que chaque année nous n’arrivons pas à réaliser l’intégralité de notre budget d’investissement.

Nous réalisons en moyenne 70% du budget et nous reportons régulièrement entre 7 à 8 millions d’euros de travaux non réalisés sur l’exercice budgétaire à venir.

Ce qui signifie que l’objectif d’apporter un surplus d’activités économiques comme cela a été annoncé par BBB aux entreprises locales est voué dès le départ à l’échec.

En effet, avant de leurs apporter des travaux supplémentaires encore faut-il que l’on arrive à réaliser ceux déjà programmés.

Le véritable plan de relance consiste peut-être tout simplement sur le volet économique à se fixer comme objectif pour 2009 et les années à venir de réaliser 90% de notre budget d’investissement cela me semble beaucoup plus réaliste et plus approprié à la situation.

Un rapide calcul montre que l’augmentation de 20% de la « productivité » de notre gestion des investissements représente financièrement environ 1 600 000€ soit plus que ce qui est prévu par le plan de relance local.

Une certaine révolte car BBB se refuse à intégrer dans son plan de relance un volet social, un refus qui se manifeste par un « mutisme » absolu.

Lors de ce conseil municipal exceptionnel, j’ai rappelé à BBB que depuis le mois de novembre, je lui demandais effectivement que notre collectivité locale travaille sur l’élaboration d’un plan d’urgence sociale pour amortir les effets de la crise économique et sociale qui allait frapper fortement et durablement un très grand nombre de châlonnais et pas seulement les exclus et ceux qui vivent dans la précarité mais également des familles aux revenus modestes.

J’ai réitéré ma demande de créer immédiatement un observatoire de prévention sociale pour mesurer avec les partenaires concernés l’évolution du chômage, l’endettement des familles, les impayés des factures d’eau, de gaz, d’électricité, des loyers, l’augmentation des licenciements et des faillites d’entreprises afin de proposer des mesures exceptionnelles comme la mise en place de moratoires pour différer des paiements afin d’aider les familles en difficultés.

A chaque fois BBB a fait semblant de ne rien entendre. Il a refusé de me répondre, d’expliquer pourquoi il ne souhaitait pas proposer un volet social aux châlonnais alors que je lui rappelais que le Président de la République avait intégré certes après une pression sociale et syndicale forte, un volet social à son plan de relance économique national.

Il faut aussi souligner que ce mutisme était partagé par l’ensemble des élus de la majorité et du député  B.Apparu, si prompt à réagir dans les médias au plan national et d’une discrétion absolue au plan local.

Au début du conseil municipal, en présentant le plan de relance local  BBB a fait  référence au contexte de « sinistrose »  dans lequel nous vivons la crise économique et sociale,  amplifié par les médias et les « déclinologues ».

Il a enjolivé son discours, emporté par une « fougue filmographique » soudaine, par cette phrase de Michel Audiard  extraite du film les Barbouzes : « La vérité n’est jamais amusante à dire sinon tout le monde la dirait »

La vérité qui n’est pas « amusante à dire » et qui  provoque en moi  colère et indignation je n’hésite pas à la formuler,  BBB « surfe » sur la crise économique et sociale et prend comme support un soi-disant plan de relance local pour réaliser « un nouveau coup médiatique ».

Sa  démarche est une opération de communication qui vise à montrer que Châlons-en-Champagne après avoir lancé son Grenelle Local de l’Environnement est un bon élève pour relayer les initiatives du Président de la République.

L’objectif inavoué est de permettre à BBB de réussir sa promotion politique pour les prochaines échéances sénatoriales et à B.Apparu « son petit député » de gravir les échelons de l’appareil politique de l’UMP.

Si la vérité était autre alors BBB aurait accepté tout naturellement la  proposition que j’ai faite lors du conseil municipal exceptionnel :

-    au plan social d’annuler les augmentations des tarifs municipaux de la restauration scolaire (+ 5%) et des centres de loisirs (+ 3,5%) pour l’année 2009
-    au plan économique de revoir le programme « pharaonique » du Parc des Expositions qui pèsera 9 points d’impôts dans le budget de fonctionnement de la collectivité locale à terme.

Accepter ces propositions simples et de bon sens aurait été perçu  par les châlonnais comme de véritables « gestes forts et significatifs »,  face à la gravité de la crise et de ses conséquences au plan local en terme de pertes d’emplois, de déclin économique et démographique, de déstructuration des liens sociaux.

Une crise économique et sociale qui est une crise mondiale mais qui est aussi véritable crise structurelle de notre société.

 

22.12.2008

Débats houleux autour du PPP au conseil municipal jeudi soir

image argent.jpgComme le mentionne le journaliste de l’Union David Zanga dans son article du 20 décembre, le PPP a eu du mal à passer jeudi soir au conseil municipal. Mais ne nous trompons pas, et l’Union résume les critiques sans véritablement révéler les nuances, l’opposition n’était pas unanime sur le sujet.


Revenons d’abord à l’origine de la discorde : BBB, dans sa présentation du projet de restructuration du Parc des Expositions souligne que des études comparatives sur les modes de financement ont été réalisées par un cabinet spécialisé et que le contrat de partenariat  public- privé (PPP) a été retenu comme le plus adapté. Il précise également qu’il s’est mis en recherche de subventions et que la somme annoncée de 21 millions d’euros s’élève à présent à 28 et peut-être même 29. Il explique que le PPP est performant du point de vue de l’analyse financière ; il permet une sécurisation des coûts, une externalisation pendant les travaux et pour l’entretien à l’avenir, ce qui n’est pas le cas dans le cadre de la maîtrise d’ouvrage public (qui est l’autre type de contrat possible pour la réalisation d’infrastructures par les collectivités).


D. Vatel s’est alors étonné du fait que le PPP en question ne prenne en charge que les travaux et non la gestion ultérieure ; si l’organisateur actuel, l’UCIA reste en responsabilité, cela n’engendrera-t-il pas des conflits avec les délégataires ?


G. Berthiot dénonce le danger du PPP qui par une association de fonds publics et privés pour la maintenance risque d’aboutir à un désengagement de la ville en diminuant son implication dans les choix publics. Il ajoute que les études d’impact sur l’activité de la ville n’ont pas été suffisamment poussées pour vérifier la nécessité d’un Parc de cette dimension.


A. Goze, quant à lui et à son habitude, conteste la méthode qui n’associe pas l’ensemble des acteurs et des élus et qui n’a pas envisagé avec objectivité toutes les possibilités de financement, une option étant manifestement privilégiée sur les autres dès le départ. En effet, le cabinet chargé de l’étude n’a pu étudier que deux propositions (PPP et MOP) sur les quatre possibles et la conclusion de la comparaison lui semble tendancieuse car la seule différence entre les deux types de contrats concerne le pourcentage de risques liés au surcoût possible des travaux. Comment un privé n’aurait-il pas le même risque de défaillance d’entreprise que le public ? Il reconnaît néanmoins qu’il n’y a pas d’autre solution que le PPP étant donnée l’énormité de la somme engagée. Le loyer du Parc s’élèvera donc à 2,8 millions d’euros sur 30 ans plus la charge des travaux d’entretien qui seront effectués par le prestataire privé mais qui seront répercutés dans les loyers. A. Goze pose également le problème de l’exploitation et de sa rentabilité qui reste hypothétique sauf à démultiplier l’activité commerciale de la ville dans un contexte peu favorable. Il suggère de redimensionner le projet à l’échelle de l’agglomération et remarque que les associations qui aujourd’hui bénéficient de la mise à disposition du Parc ne pourront sans doute plus se le permettre demain lorsque les coûts de location auront explosé. Il finit par proposer un amendement réclamant la suspension et une nouvelle étude de réalisation du projet.

On voit bien que dans cette première discussion l’opposition au projet en tant que tel se double d’une critique du mode de financement retenu, celui du PPP. C’est d’ailleurs sur ce point que sont résumées ci-dessous les explications de la majorité.


BBB s’est empressé avec jubilation d’indiquer à G. Berthiot que M. Baty, socialiste, président du conseil régional, financeur du projet, avait lui-même suggéré lors de l’inauguration de la première tranche du Bd périphérique, que le PPP était la formule la mieux adaptée pour la réalisation de travaux de cette ampleur. Il a demandé avec gourmandise à M. Berthiot s’il voterait lui-même la subvention du conseil régional avant d’enfoncer le clou avec la référence suprême à Martine Aubry qui fait elle-même du PPP à Lille avec la bénédiction de certaines élues communistes, d’ailleurs. Quand on peut enfoncer deux clous d’un coup !


G. Lebas s’est alors longuement expliqué sur le choix du PPP : la complexité technique du dossier le justifie. Au départ, l’avantage était à la maîtrise d’ouvrage public en terme de coûts mais c’était avant l’évaluation des risques… Il s’avère que les risques liés à la difficulté de construire sont beaucoup plus élevés dans le cas d’une MOP (il donne l’exemple de la piscine Vauban qui devait coûter 500 000 euros et a fini par monter à 3 millions d’euros à cause des défaillances d’entreprises et des dépassements de délais). Pour le Parc des Expos, tout retard signifie une perte de recettes, l’entreprise signataire du PPP s’engage à ne pas dépasser d’un mois le délai de fin des travaux. Au final les coûts comparés des deux formules s’élève à 49 millions pour la MOP et à 47 millions pour le PPP. Les rendez-vous avec des partenaires potentiels sont déjà inscrits à l’agenda, 6 ou 7 offres de partenaires privés sont déjà dénombrées, les demandeurs se bousculent au portillon…


M. Peltier précise pour revenir à certaines questions antérieures de l’opposition qu’un cabinet d’études a consulté tous les acteurs économiques au cours du dernier mandat et que la nécessité de ce Parc est avérée. Pour justifier le PPP, il donne l’exemple de l’hôpital de Ste Ménéhould qui a été ouvert à échéance fixée grâce au PPP et dont le cahier des charges en terme d’engagements financiers et de procédures a été correctement rempli. Il s’exclame en direction de M. Berthiot qui avait peur que le marché ne soit accordé qu’à une grosse multinationale et non à une entreprise locale, que certaines entreprise locale ont une dimension nationale et qu’il faut laisser le travail s’injecter et les gens entreprendre…


A. Goze expose alors de nouveaux arguments : il n’a jamais remis en cause la nécessité d’une restructuration ni d’une réhabilitation, ce sont la localisation et les dimensions du bâtiment qui le laissent dubitatif, certaines activités (théâtre, cinéma, concert polyphonique) ne pourront pas être pas être réalisées dans ce Parc, ce qui en limitera la polyvalence malgré le coût élevé de la structure. De même, ce n’est pas le PPP qui suscite ses critiques, c’est la démarche d’études qui l’étonne notamment sur le point de l’évaluation des risques. Il pose à nouveau la question de la gestion des flux de circulation autour de ce Parc et craint un réel surcoût lié à la non prise en compte de ce genre de contraintes annexes.


M. Doucet explique que le raisonnement de l’opposition a été jusqu’ici lacunaire car le Parc actuel a des coûts qui ne sont pas négligeables et qui disparaîtront dans les prochains budgets, ce dont les calculs du loyer ne tiennent pas compte. Il reproche à A. Goze de na pas savoir lire… Le privé ne peut en effet pas répercuter les surcoûts liés à la défaillance d’entreprise sur la collectivité car il est tenu par le prix annoncé : c’est lui qui supporte la différence et non la personne privée, c’est bien là la grande différence entre la MOP et le PPP. Il ajoute qu’actuellement les recettes du Parc couvrent l’ensemble des coûts de fonctionnement et qu’à l’avenir on peut imaginer que les recettes de fonctionnement seront bien supérieures.


M. Lebas conclut les débats en expliquant que les frais de loyers ne seront pas portés dans la section fonctionnement puisqu’il s’agira de frais financiers et remboursement de capital à placer au rang des investissements. Selon lui, le dossier est complexe et il a été mené avec beaucoup de rigueur, la municipalité s’est fait aider dans toutes ses démarches par un cabinet qui va continuer à travailler avec elle.

A. Goze propose alors la lecture de son amendement rejeté avec sept voix pour (PS,PC) et le projet de PPP est approuvé par la majorité municipale. Le maire ayant refusé le vote à bulletin secret, il n'a pas permis que s'expriment des oppositions dans la majorité...

Amendement déposé par Alain GOZE conseiller municipal liste La Nouvelle Force Pour Châlons

Après avoir analysé l’étude financière et juridique réalisée pour vérifier la faisabilité du partenariat public-privé et pris note en conclusion de cette étude que sur la base d’un apport de 21M€ en financement public, collecté par la Ville de Châlons-en-Champagne, il est prévu que la Ville, à la livraison de l’équipement,  paiera sur une durée de 30 ans un loyer d’un montant de plus de 2 800 000€,
le conseil municipal décide :

-    de retirer ce projet de délibération,
-    de stopper le programme de l’opération de rénovation et d’extension voté le 25 janvier 2007,
-    de le retravailler,

afin de redimensionner ce programme en fonction des besoins réels et des moyens financiers de la Ville de Châlons-en-Champagne qui à ce jour ne peut pas faire face à un tel investissement qui est de nature à déstructurer durablement son budget et ses grands équilibres financiers.

19.12.2008

"Ca fait huit ans que ça dure..."

image calendrier.jpgpar Marie-Pierre BARRIERE

C’est ainsi qu’un aimable conseiller municipal de la majorité s’est permis d’apostropher Alain Goze hier au terme de son intervention critique sur le budget 2009 présenté en conseil municipal de la ville de Châlons-en-Champagne.

Cela fait 8 ans que ça dure ! Mais quoi donc ? Il voulait sans doute parler des tentatives de créer le débat démocratique dont n’importe quelle collectivité a besoin pour être correctement administrée… Il voulait sans doute évoquer la qualité des propositions que M. Goze, si l’on exclut un petit côté « donneur de leçon » qui peut, on le comprend, agacer, formule pour orienter la politique urbaine de notre cité… Il voulait encore plus saluer hier la ténacité de tous ceux qui ont le courage de s’opposer à partir de 22h30 le soir, à une proposition de budget qui n’a pas été modifiée d’un pouce depuis le débat d’orientation budgétaire, d’il y a quinze jours, malgré les propositions ou critiques de l’opposition…

En réalité, je crains que ce conseiller municipal, extrêmement au fait des règles de la démocratie et de la tolérance, voire même du respect humain, n’ait simplement tenu à exprimer par ces mots qu’Alain Goze l’empêchant de rejoindre au plus vite son domicile et même son lit douillet, le faisait remarquablement  bouillir avec ses considérations hors de propos.

Hors de propos la suggestion de se préoccuper de l’avenir de Châlons comme capitale administrative et d’anticiper les besoins qui pourraient se poser pour accueillir les services déconcentrés de l’Etat, qui, si les perspectives se confirment devraient requérir prochainement la mise à disposition de bâtiments et de bureaux.

Hors de propos l’étonnante proposition de capitaliser et d’épargner pour pouvoir envisager sans devoir emprunter la réalisation d’infrastructures importantes comme celle du Parc des Expositions.

Hors de propos le rappel que le développement durable non budgété confirme la triste réalité d’un Grenelle de l’environnement de façade.

Hors de propos de réclamer une programmation pluriannuelle des investissements de la ville pour pouvoir mesurer les ambitions de son développement et éviter une gestion à la sauvette et sans perspectives qui  hypothèque considérablement l’avenir de notre cité.

Cette gestion sans souffle, nous en avons encore eu une éclatante démonstration hier soir au travers du vote du très ambitieux (« pharaonique » étant jugé impropre par le maître es lettres qui a voix exclusive au chapitre en ces lieux) Parc des Expositions : 7000 places pour une ville qui va perdre l’an prochain encore 1500 habitants, 42 millions d’euros qui ne seront pas dépassés grâce au « magique » PPP (compte-rendu à suivre sur ce sujet !).

Et pourtant la majorité revendique ses ambitions, reprochant à l’opposition sa « frilosité », son « pessimisme », sa « résignation ». Dans la bouche de M. Lebas : « Si on attend d’avoir toutes les réponses aux questions pour commencer les projets, on ne fait rien ! ». Et dans celle de M. Peltier la reproche de sa vision négative de la ville à M. Goze qui manque décidément de volontarisme... Il est vrai que le pessimisme est une attitude absolument irresponsable dans un monde frappé de plein fouet par une crise économique sans précédent, tandis que les salariés de Henkel tremblent et que les chiffres du chômage explosent les plafonds.

« Si nous disions que nous allions réduire la voilure de ce Parc, serait-ce un bon signal pour l’activité économique de la Région et de son développement ? », interroge BBB. Il est bienvenu ce Parc des Expos qu’Alain Goze nomme « paquebot de luxe » et dont « la voilure » invite au voyage, bienvenu pour créer de l’oubli, donner du pain, des jeux et du rêve aux châlonnais touchés par la baisse du pouvoir d’achat. Que l’on mise sur la foule des investisseurs se précipitant à Châlons dès l’ouverture pour organiser des salons lucratifs en grande quantité et sur les importantes créations d’emplois générées par le rayonnement de notre cité catalaunienne auréolée de son Parc, sans par ailleurs et en amont favoriser par une démarche efficace l’installation d’entreprises dans la région de Châlons, nous paraît tenir plus de l’attente du miracle que d’un volontarisme traduit en actes.

Et oui Monsieur le conseiller agacé, ça fait bien plus longtemps que 8 ans que ça dure le meilleur des mondes selon BBB à Châlons, bientôt 14 en fait ! 14 ans de « Tout va très bien Mme la marquise », de sourires pontifiants, d'unanimité compassée et de regards condescendants sur l’opposition qu’on foule du pied. 14 ans de déclin et 6 encore pour nous léguer à nous et à nos enfants qui n'en ont pas besoin, le cadeau sublime du Parc des Expos dont on imagine fort bien le futur patronyme…

Mais rassurons-nous, selon M. Lebas, par l’effet conjugué de la variation de l’unité monétaire et de celle du budget, nous n’aurons plus que 500 000 euros par an de loyer (contre 2,2 millions à la fin des travaux, j’avoue qu’ayant interrompu trop mes études d’économie, la subtilité du calcul m’échappe) à payer en 2042 quand Châlons sera devenu un désert (pas trop froid on espère si on tient jusque là) !

Ah! Je suis prise en flagrant délit de pessimisme! Et pourtant, je ne suis pas socialiste, ni de gauche, juste jeune et inquiète...