28.06.2009
Logement pour les jeunes à Châlons et dans l’agglomération : Une galère de plus !
Par Alain GOZE
La délibération
A partir d’une étude, réalisée par un cabinet professionnel, (Guy Taïeb conseil – Orgeco ), intitulée : « Mission d’aide à l’élaboration d’un programme d’actions pour le logement des jeunes sur l’agglomération », BBB a fait délibérer le conseil municipal le 3 juin dernier sur ses proposions d’actions qui se résument pour le logement des jeunes à la création d’une Résidence Etudiante CROUS et à la mise en place d’une plate-forme centralisée d‘accueil et d’information sur le logement des jeunes.
Il a introduit également dans cette délibération deux autres propositions qui sont sans rapport avec la problématique du logement des jeunes et qui concernent le secteur des loisirs et du tourisme.
L’une concerne « la fin de vie » de l’Auberge de Jeunesse dans la mesure où il se refuse à reconstruire cet équipement et préfère faire labelliser des chambres dans des meublés des résidences étudiantes au sein de la ville. Ce qui est en réalité une manière détournée de régler
des « comptes » politiques avec l’équipe dirigeante de l’Auberge de Jeunesse.
L’autre proposition a pour objet, au motif de renforcer l’attractivité de l’agglomération vis à vis des jeunes champardennais , de diversifier l’offre d’hôtellerie de plein air du camping municipal en proposant de confier la gestion du camping à un prestataire privé. Ce qui consiste tout simplement à se débarrasser de la gestion du camping municipal, via une délégation de service public.
L’étude sur le logement des jeunes a été réalisée comme le souligne le cabinet d’étude, dans un contexte de territoire urbain et industriel peu dynamique, de territoire en déclin démographique depuis les années 1999 et où le pôle emploi a des gains limités depuis 1999, de territoire que les jeunes très qualifiés et qualifiés quittent.
L’état des lieux dressé par le cabinet d’étude fait ressortir globalement une offre locative sociale pour les jeunes sur un parc de logement « peu tendu », important mais très souvent inadapté.
L'insuffisance des propositions
Lorsque l’on compare les propositions de BBB par rapport à l’ensemble des besoins repérés, je suis amené à constater une fois de plus le décalage et l’inadaptation de celles-ci.
L’étude cible quatre publics, les jeunes actifs, les jeunes étudiants, les jeunes en difficultés économiques et sociales, les jeunes de passage (j’écarte volontairement de mon analyse les jeunes de passage qui sont ciblés uniquement pour justifier les mesures qui ne concernent pas le logement des jeunes).
Elle démontre que les jeunes actifs, une population avec revenus, qui se tournent vers le parc social et privé (population difficilement quantifiable par manque d’indicateurs récents), rencontrent des difficultés pour se loger face à une offre de logements inadaptée (logements en mauvais état, vétusté, coût élevé au regard de la qualité).
Pour ces jeunes actifs l’offre provient principalement des casernes militaires et de logement SNI pour les militaires, du Foyer de Jeunes Travailleurs (F.J.T.), de la résidence privée des Launes.
Pour les jeunes étudiants, une population de 1600 jeunes environ (chiffre qui n‘intègre pas les jeunes en formation professionnelle d’apprentis qui sont environ 2000) et dont la présence est discontinue sur le territoire, l’étude souligne une offre de logements dédiée quantitativement importante mais inadaptée pour partie.
Pour ce public étudiant l’offre provient, de la résidence étudiante de l’Effort Rémois, de la résidence étudiante de l’EMSAM, des internats des lycées, de l’internat du CFA, du F.J.T, de la résidence privée des Launes (qui ne peut répondre à la demande avec des loyers élevés).
Il est précisé que pour ce public les bailleurs sociaux n’ont pas de politique particulière et que les logements, inadaptés à la vie étudiante, sont peu accessibles en fonction de leurs revenus et des cautions exigées.
Enfin, pour les jeunes en difficultés économiques et sociales (sans ou très peu de ressources) qui représentent environ plus de 2150 jeunes, l’offre de logements est insuffisante en quantité et en qualité.
L’offre pour ces jeunes qui ont besoin d’être accompagnés et suivis pour l’accès et le maintien dans un logement par des structures spécialisées, provient du F.J.T (qui est en grande difficulté), du Comité Local pour le Logement Autonome des Jeunes (C.L.L.A.J, qui va disparaître) et du CCAS pour certains hébergements d’urgence sociale.
Les propositions de BBB en réponse au diagnostic dressé par le cabinet d’étude ne sont donc pas à la mesure des enjeux d’insertion sociale et professionnelle des jeunes et de développement territorial qui nous sont posés.
L’absence de réponse aux besoins de certains publics s’avère même très inquiétante et témoigne à mon sens d’une absence réelle de volonté politique d’élaborer un programme global d’actions pour le logement des jeunes au sein de l’agglomération.
En effet, si la proposition de créer une Résidence Etudiante CROUS de 80 logements pour les étudiants peut éventuellement se concevoir, bien que Châlons ne soit pas une ville étudiante (pas d’université) mais une ville d’IUT, qu'en est-il des propositions pour les autres publics jeunes ciblés par l’étude ?
Les questions que ne résout pas la délibération
Quelles propositions pour les besoins des jeunes en formation et/où en insertion professionnelle qui sont de plus mobiles ?
Quelles propositions pour une offre de logements de qualité suffisante et diversifiée dans l’agglomération pour les jeunes actifs, pour les jeunes ménages en début de parcours autonome ?
Quelles propositions pour une offre de logements adaptée aux besoins des jeunes en difficulté économiques et sociales ?
Quelles propositions pour accompagner les jeunes en difficulté à l’accès à un logement autonome ?
L’étude dégage quelques pistes de réflexions et certaines propositions pour répondre à ces questions.
BBB ne les a pas reprises dans le programme d’actions qu’il a fait voter au conseil municipal, en dehors de la plate forme d’information pour connaître les disponibilités d’offre de logements sur le territoire, d’accompagnement et de conseil, sorte de « guichet unique » pour les jeunes et la Résidence Etudiante CROUS.
Pourquoi n’a-t-il pas mobilisé l’ensemble des bailleurs sociaux pour mettre en œuvre un programme spécifique de logements pour tous les publics jeunes ciblés ?
Pourquoi n’a-t-il pas engagé de démarches pour revisiter le programme habitat élaboré par la CAC qui ne prévoit pas d’actions particulières pour le logement des jeunes ?
Pourquoi n’a-t-il pas prévu d’initier un programme d’actions avec d’autres partenaires publics ? avec la Région qui traite dans ses compétences des jeunes lycéens et des jeunes étudiants, avec le Conseil Général qui gère les fonds publics à destination du logement social pour les jeunes et qui a mis en place un programme habitat dans le département.
Pourquoi attend-il depuis plusieurs années d’accélérer le projet de restructuration du Foyer de Jeunes Travailleurs en résidence sociale alors que celui-ci connaît de graves difficultés de fonctionnement qui menacent à terme son existence ?
Pourquoi n’a-t-il pas doté le CCLAJ de moyens suffisants pour faire face à sa mission d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes par le logement, alors que nous savons que ce type d’intermédiaire social est indispensable pour relayer et accompagner la politique publique du logement des jeunes en difficultés économiques et sociales ?
Nous aurons peut-être des réponses à ces questions prochainement avec le nouveau Secrétaire d’ Etat au Logement et à l’Urbanisme, Benoist Apparu.
Lui, qui dans le mandat municipal précédent, en tant qu’adjoint chargé de la jeunesse à Châlons, a été incapable de mettre en place une véritable politique d’insertion sociale et professionnelle en direction des jeunes.
Lui, qui tout récemment n’a pas su développer un argumentaire de fond en réponse aux questions et critiques que je formulais sur les propositions de BBB à propos du logement des jeunes lors du dernier conseil municipal, me traitant même de personnage « pathétique ».
J’espère que cette nouvelle fonction ministérielle l’amènera à avoir un nouveau regard et un peu plus de considération sur les problématiques du logement des jeunes en particulier.
Car, il serait plus que pathétique de voir sur notre territoire de nouveaux ghettos d’exclusion sociale avec les tentes des « Enfants de Don Quichotte » comme réponse à la galère de certains jeunes pour se loger !
19:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil municipal, logement, jeunes, logement social, benoist apparu
11.06.2009
Après les européennes : un regard critique !
Par Alain GOZE
La page des élections européennes vient de se refermer, mais a-t-elle vraiment été ouverte ?
Le grand vainqueur de cette élection est « l’abstentionniste » et Châlons avec ses 70% d’abstentions confirme son leadership des collectivités locales en la matière.
Les résultats de cette élection pour certains sont un grand soulagement et une validation de leur stratégie politique, pour d’autres un électrochoc, pour d’autres encore une grande joie, une douce euphorie, enfin pour certains encore, sources de réflexions et de méditations.
Un grand soulagement pour le parti du Président de la République et son allié du Nouveau Centre. L’opération « de mystification » menée pendant la campagne des européennes en terme de communication a fonctionné. L’UMP en surfant sur la crise économique et sociale et sans faire campagne sur un véritable projet européen arrive en tête alors que son score, par rapport aux élections européennes précédentes, traduit en réalité un effondrement qui se confirme et s’amplifie : il passe de 40,9% en moyenne entre 1979 et 1999 à 38% en 2004 et à 27,87% aujourd’hui. L’opération de « mystification » se poursuit encore. Le Président de la République rebondit maintenant sur ce résultat et sort pour la circonstance d’une certaine « clandestinité » écologique pour s’approprier de nouveau la thématique environnementale qui a fait « recette ». Il ne faut surtout pas laisser les fruits de la récolte à la gauche et aux Verts en particuliers. Plus écolo que moi et sur les énergies non renouvelables, cela n’existe pas ! Tel est le leitmotiv du président de la République pour justifier de ressortir la fameuse « taxe carbone » dont nous ne connaissons pas encore le contenu exact. A ce propos il conviendra d’être vigilant afin que cette taxe ne soit pas indirectement une incitation, pour les grandes entreprises, à continuer de polluer au motif qu’elles s’acquittent d’une taxe !
Un électrochoc pour le Parti Socialiste et certains de ses responsables qui aveuglés par leurs « égos » de notables locaux n’ont toujours pas compris que ce parti était sous perfusion depuis 2002 et l’échec de la candidature de Lionel Jospin à l’élection présidentielle.
Le résultat du parti Socialiste de 16,48%, qui n’est pas une surprise pour les militants de terrain qui eux demeurent toujours lucides, correspond à la période de crise de ce parti en 1994. Cette période ne l’oublions pas était celle de la fin de règne du père fondateur.
Depuis la fracture politique intervenue en son sein, lors du référendum européen de 2004, entre les tenants du oui et les tenants du non sur le projet de constitution européenne, ce parti poursuit inexorablement sa lente agonie, rongé par un mal incurable : l’absence de projet politique dans un Idéal Socialiste du XXIème siècle.
Cette mort lente et programmée dans le temps, le rend aphone au point qu’il ne réagit même plus lorsque la droite libérale se pare des habits de la sociale démocratie pour gouverner.
De plus, les baronies locales qui se réfugiaient derrière l’appareil du parti socialiste pour assurer le renouvellement permanent de leur mandat et se dégager de toutes responsabilités dans le déclin politique vont se retrouver maintenant toutes seules devant les électeurs. Elles vont devoir rendre des comptes car l’appareil politique ne répond plus ! Si le spectacle pitoyable du Congrès de Reims a rendu « orphelin » un grand nombre de militants ou de sympathisants de ce parti, il devient vital pour notre démocratie que ceux-ci réagissent et construisent un nouvel espace politique de progrès, de justice sociale et d’écologie. C’est une démarche de salut public qui est en jeu pour les socialistes !
Une grande joie et une douce euphorie pour les Verts, composés à l’origine d’un attelage politique détonnant, mais étonnant par sa capacité, au regard de sa diversité de sensibilités écologiques (inhabituelle pour ce parti) à présenter une offre politique cohérente, centrée sur un vrai projet européen. Les Verts réalisent avec la liste Europe écologie le meilleur résultat électoral de leur histoire avec 16,28%. Ce résultat à l’occasion d’une élection dite « intermédiaire » n’est cependant pas une réelle surprise en soi. Le déroulement de la campagne des européennes basé, pour les principaux partis politiques, sur des stratégies de positionnement en vue de l’élection présidentielle de 2012 et l’évolution des sondages d’opinion permettaient d’attester avant le vote des français que les Verts seraient une valeur refuge ; une valeur refuge pour les déçus du « Sarkozisme », les « déboussolés » du Modem, les orphelins Socialistes. La liste Europe Ecologie avec un vrai projet de société d’aménagement et de développement durable, thème qui traverse maintenant touts les courants politiques de notre société, constituait à l’évidence un choix sécurisant, fédérateur et porteur d’avenir pour les nouvelles générations qui ont peu de perspectives transcendantes devant eux, dans le vivre ensemble en société ! Le résultat des Verts atteste du bien fondé de l’analyse, il reste maintenant à traduire ce résultat politiquement sur le long terme et à l’utiliser à bon escient pour construire ce nouvel espace politique que j’évoquais précédemment.
Réflexions, méditations, pour le Modem et son chef en particulier. Le résultat de ce parti de 8,45% le ramène au niveau de l’ex UDF en 1999 (9,28%) Je ne reviendrai pas sur le déplorable spectacle médiatique offert par le président du Modem dans son altercation avec le chef de file de la liste Europe écologie en fin de campagne qui a pu perturber des électeurs et, je le conçois, traumatiser des militants et des sympathisants de ce parti. Les vieilles pratiques politiciennes de la quatrième république demeurent, même si elles ne font plus recettes. Elles témoignent, une fois de plus, que la nature humaine est bien « une science inexacte » Je m’attarderai plutôt, sur la stratégie personnelle et individuelle du président du Modem et la nécessaire clarification politique qu’il doit opérer rapidement. Le Modem disposait de plusieurs atouts pour obtenir un résultat intéressant, poursuivre sa percée des présidentielles et construire un socle politique de référence : un projet et un engagement européen autour de la citoyenneté européenne qui n’est plus à démontrer, un espace politique captif par un discours et des pratiques politiques sensées être nouvelles. J’avoue mon étonnement devant l’erreur politique commise par le président du Modem , qui est pourtant un vieux « routier » de la politique. Il s’est trompé de cible dans cette élection européenne et à poursuivi l’unique et seul projet qui l’anime : se faire élire Président de la République. Le projet est respectable en soi à condition qu’il se construise collectivement (même si l’élection présidentielle est aussi une aventure personnelle et un face à face entre un individu et des citoyens) et se gère dans un bon timing ! Cette erreur est à mettre à mon avis au compte de la « solitude » du personnage et une erreur d’analyse des résultats du Modem à la présidentielle de 2007. Il convient de ne pas oublier que le Modem avait attiré vers lui de nombreux citoyens de gauche à l’époque. Il devient donc impératif que le Président du Modem reconnaisse qu’il a franchit le « Rubicon » et que son parti et lui se situent bien, comme social démocrate où démocrate social, au centre gauche de l’échiquier politique français. Il y a urgence à faire cela car sinon, je crains que de nouveaux orphelins naissent dans les mois à venir !
Pour les extrêmes du paysage politique, les résultats obtenus correspondent bien à ce qu’ils représentent réellement dans la société. Je relève seulement que le Front de Gauche devance le parti du « petit postier » avec 6,05% et que l’une de ses composantes le Parti de Gauche a réussi son OPA sur les ruines du parti communiste. A l’horizon de 2012 son président devient un présidentiable de plus. Ce qu’il recherchait en quittant le parti socialiste au moment du congrès de Reims !
Les résultats de ces élections européennes qui voient un renforcement des droites « dites libérales » en Europe, nous laisse un paysage politique français bien paradoxal empreint d’une grande complexité mais également d’une simplicité évidente.
Un grande complexité car dans un environnement de crise économique et sociale qui frappe durement une très grande majorité des français, à l’exception des détenteurs du Capital et des prédateurs financiers, l’absence de projets politiques alternatifs rend très difficile la perception de l’élaboration de nouveaux repères politiques identitaires.
Une simplicité évidente car il se confirme que l’organisation du vivre ensemble doit se construire tant au plan national qu’européen à partir d’espaces politiques aux formes d’organisation et aux pratiques refondées : espace politique conservateur libéral, espace politique de progrès de justice et d’écologie avec en périphérie les espaces des extrêmes.
Il nous reste un long chemin à construire, un immense paysage politique à redessiner et, pour ce qui me concerne, dans l’espace de progrès, de justice et d’écologie. C’est un projet politique exaltant pour les acteurs de la transformation sociale, pour les « passeurs d’avenir » dont je fais partie.
Il y a là matière à action pour notre association la Nouvelle Force pour Châlons, dans son territoire de vie, afin de susciter, d’éveiller les consciences et de faire adhérer à son projet, qui chaque jour qui passe, est rendu de plus en plus pertinent !
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03.06.2009
Du théâtre de gare...
Par Marie-Pierre BARRIERE
"J'écris sur la vie, la vie toute simple et toute compliquée. J'écoute les hommes et les femmes en ce qu'ils ont chacun une façon de dire ou de cacher leurs émotions. C'est cette réalité qui, pour moi, fait théâtre."
Intense moment de fou rire vendredi dernier lors de la représentation des Pas perdus de Denise Bonal au CSC Vallée St Pierre par la compagnie’ D ! La gare est un lieu plein de fantasmes : que l’on se retrouve ou que l’on se quitte, que l’on parte ou que l’on revienne, que l’on y soit seul ou en groupe, on investit d’une façon particulière cet espace dont Denise Bonal a senti toutes les potentialités dramatiques.
La compagnie’ D et ses treize comédiens amateurs l’ont également investi avec bonheur par le biais d’une scénographie particulière où les spectateurs plongent sur la scène parsemée de rangées de chaises, et parfois même y sont eux-mêmes assis, comme s’ils attendaient aussi le train qui doit les conduire ailleurs. Ailleurs, c’est au cœur de ce texte joyeusement hétéroclite, à la tonalité juste et bouleversante parfois, façonné comme un patchwork de vies minuscules… On peinerait d'ailleurs à faire l’inventaire de tous les personnages qui passent sur la scène.
Certains d’entre eux nous deviennent proches puisqu’ils passent et… repassent : Amélie Delmotte, une femme âgée posée sur sa valise comme une vieille photo sur le buffet d’une maison bourgeoise ; Matthias, le jeune homme en mal d’origine dont on connaît le père fantasque à l’écharpe écossaise et qui cherche partout en Europe le fantôme de sa mère suicidée ; Les « nettoyeuses » de trains, Maud et Augustine, amies, femmes, mères, amantes et maîtresses, installant pour nous l’étal des sentiments féminins…
D’autres nous touchent plus vite car ils ne font que traverser la scène de façon fulgurante ou imprécise : celle qui revient de l’enterrement de sa meilleure amie et qui s’en veut d’avoir eu une pensée prosaïque en apprenant sa mort, celui qui accompagne son fils à la gare et qui comprend en le quittant qu’il va devoir annoncer à sa mère qu’il ne reviendra jamais, ces couples d’amoureux qui se séparent ou s’embrassent, une demoiselle sage, exaspérée, au téléphone avec son patron, une autre, condamnée sans doute, qui exprime de façon poignante son amour de la vie…
Il y a les drôles : l’adolescente rebelle qui étourdit sa mère de remarques assassines, les bourgeoises sortant du train en état d’épuisement avancé et dont le voyage prend soudain des allures d’épopée, la nostalgique du pays de l’enfance, celui où l’on arrive jamais, où chaque jour a sa fête, celle des queues de cerise, celle de l’âne, celle des pierres plates…
Il y a les émouvants : un couple empêché de vacances dont le mariage se défait selon la progression des fêlures de l’évier, ces jeunes lesbiennes qui s’enfuient vivre leur amour avec des yeux pleins d’étoiles tout en appréhendant le jour où leur passion fusionnelle s’émiettera dans la terre, le petit garçon handicapé dont les questions mille fois répétées angoissent terriblement la mère…
Chacun d’eux exprime à sa manière les contradictions qui nous habitent entre le désir et la peur de partir, entre la nécessité de couper les liens qui nous aliènent et la volonté de créer ceux qui nous manquent, entre la vie qui bat au rythme du bruit du poinçonneur de billets et que rend plus précieuse encore la proximité et l’inéluctabilité du grand voyage dont la sirène du train pourrait être l’introït…
Comme la parole individuelle se confond à certains moments sur scène avec la parole collective, les petites histoires personnelles rejoignent parfois dans la gare le flot continu de l’Histoire, lieu stratégique et tragique de l’enrôlement, départs pour le front ; de l’exil, convois de lumières jaunes ; du contrôle d’identité, de la rafle, de l’expulsion …
La mise en scène de Dominique Dubuy accompagne admirablement cette oscillation constante et sans violence du rire au soupir, de l’individu au groupe. Parfois regrette-t-on seulement que l’émotion passe de façon trop fugace et que le rire franc lui succède un peu rapidement. On aimerait s’installer dans certaines vies, prendre le temps de profiter des mots, les retenir quand ils sont drôles, les faire goûter au cœur quand ils nous touchent. Mais le rythme est là, effréné, la ronde des personnages mise en valeur par certains passages chorégraphiés ne souffre pas vraiment qu’on interrompe son cours mécanique… Ou alors à de rares moments de suspens mis en valeur par le chant et l’accompagnement musical de l’accordéon. La sarabande verse parfois dans le loufoque et se peuple de créatures oniriques en provenance directe des contes de notre enfance : Cendrillon rentrant du bal, le Chaperon rouge poursuivi par le grand méchant loup, le lapin blanc qui court après le temps… N’oubliez pas que vous êtes au théâtre, semblent-ils nous signifier, que tout ceci n’est qu’illusion ; cette gare n’existe pas et ce spectacle n’est qu’une parenthèse dans le cours tumultueux de votre voyage sur la terre comme en témoignent les tableaux figés des photos de groupe!
En sortant de là, c’est vrai, le périple est à poursuivre, rendu moins lourd peut-être par le rire partagé, rendu plus dense sans doute par le sentiment de le partager avec cette humanité que Denise Bonal a si bien su faire parler…
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01.06.2009
Agenda 21 : jusqu’où BBB retiendra-t-il les idées de la Nouvelle Force ?
par Bruno Malthet
Le 28 mai, les conseils communautaire et municipal de Châlons-en-Champagne étaient invités à se prononcer à peu près sur les mêmes sujets, à savoir la suite à donner au 150 fiches issues du Grenelle local de l’environnement (GLE) et la mise en œuvre d’un agenda 21.
Le conseil communautaire avait à son menu deux délibérations, le conseil municipal une seule. L’écart provenait de ce que, du côté ville, l’agenda 21 n’était aucunement développé et qu’il se trouvait réduit qu’à une simple ligne dans la délibération relative au GLE.
Les élus municipaux ne siégeant pas au conseil communautaire ou n’ayant pas eu la curiosité d’assister à l’autre assemblée n’avaient donc pas connaissance des propos assez surprenants tenus par M. Apparu sur le rôle très réducteur qu’il attribuait à un Agenda 21.
Lors du conseil communautaire, M. Apparu a insisté sur le fait que l’Agenda 21 ne serait qu’un « simple débouché administratif » qui offrirait « un cadre de référence pour le financement » des actions du Grenelle local de l’environnement. Bref, pour faire simple, une pompe à fric. Quant au pilier social de l’Agenda 21, totalement absent du projet de délibération communautaire, il a fallu l’intervention en séance de Alain Biaux, maire de Fagnières, pour le rappeler.
Lors du conseil municipal, sans l’intervention d’Alain Goze, l’Agenda 21 serait passé totalement aux oubliettes. A en croire M. Apparu, cette intervention d’Alain Goze aurait été un « un cours de droit administratif » tout aussi inutile que rasoir, sans doute parce que les élus municipaux maîtrisaient parfaitement bien le concept d’Agenda 21. Ce qui manifestement, bien que ce ne fut pas dit, n’était absolument pas le cas des élus communautaires à qui on avait cru devoir présenter une délibération leur exposant succinctement sur deux pages ce qu’était un Agenda 21.
Mais la rage de M. Apparu envers Alain Goze venait de ce que M. le député n’avait manifestement pas apprécié que son opposant lui rappelle les deux citations précédentes et apporte à l’assemblée communale son expertise sur ce qu’est réellement un Agenda 21. Pourtant, il faut bien le reconnaître, bien peu d’élus et de citoyens le connaissent et encore moins le maîtrisent.
L’intervention d’Alain Goze fut toutefois loin d’être inutile et ne saurait être réduite à ce que l’Union en rapporta le 29 mai (cf., sur le site www.catalaunien.net cet article et la réaction de l'association Nouvelle Catalaunie à la date du 30 mai 2009). Le maire a en effet, au moins implicitement, donné tort à son bouillant dauphin et, par ricochet, raison à Alain Goze en proposant de modifier substantiellement la délibération pour tenir compte de ses remarques.
Alors que le projet de délibération prévoyait de créer un comité de suivi du GLE distinct de celui de la communauté d’agglomération, le maire a proposé que la ville « décide la mise en place d’un comité de suivi commun avec la CAC ». Quant à l’Agenda 21, pour lequel le projet ne prévoyait qu’un simple engagement à participer à celui de la CAC, la modification présentée prévoit désormais que « la ville participera à l’Agenda 21 dont la CAC est chef de file ».
La ville disposera donc d’un véritable Agenda 21 qui sera un sous-ensemble de celui de la CAC et dont les modalités, comme Alain Goze l’a fait préciser au maire, seront définies ultérieurement en conseil municipal, ce que le projet de délibération initial ne prévoyait absolument pas.
Comme le rappela Alain Goze, l’Agenda 21 est un outil devant servir pour un « vrai projet politique au niveau du territoire » qui n’est ni de gauche, ni de droite, même si, dans l’Union du 28 mai, la section locale du PS s’est prononcée contre cet outil. Ce positionnement est d’autant plus curieux que l’Agenda 21 figurait dans le programme municipal de cette formation (comme, au demeurant, dans celui de la Nouvelle Force), contrairement à celui de Bruno Bourg-Broc. Mais la morale est sauve : l’élue PS présente a en effet voté la délibération que son leader vilipendait la veille.
Il reste maintenant à vérifier si l’Agenda 21 sera effectivement au service d’un tel vrai projet ou bien, comme le voulait M. Apparu, un simple cadre administratif destiné à aller chercher des financements nationaux ou européens.
Il appartiendra à La Nouvelle Force de veiller à ce que ce qui fut chassé par la porte ne revienne pas par la fenêtre lorsque le conseil municipal aura à se prononcer, comme le maire s’y est engagé, sur les modalités de mise en œuvre de l’agenda 21.









