11.06.2009
Après les européennes : un regard critique !
Par Alain GOZE
La page des élections européennes vient de se refermer, mais a-t-elle vraiment été ouverte ?
Le grand vainqueur de cette élection est « l’abstentionniste » et Châlons avec ses 70% d’abstentions confirme son leadership des collectivités locales en la matière.
Les résultats de cette élection pour certains sont un grand soulagement et une validation de leur stratégie politique, pour d’autres un électrochoc, pour d’autres encore une grande joie, une douce euphorie, enfin pour certains encore, sources de réflexions et de méditations.
Un grand soulagement pour le parti du Président de la République et son allié du Nouveau Centre. L’opération « de mystification » menée pendant la campagne des européennes en terme de communication a fonctionné. L’UMP en surfant sur la crise économique et sociale et sans faire campagne sur un véritable projet européen arrive en tête alors que son score, par rapport aux élections européennes précédentes, traduit en réalité un effondrement qui se confirme et s’amplifie : il passe de 40,9% en moyenne entre 1979 et 1999 à 38% en 2004 et à 27,87% aujourd’hui. L’opération de « mystification » se poursuit encore. Le Président de la République rebondit maintenant sur ce résultat et sort pour la circonstance d’une certaine « clandestinité » écologique pour s’approprier de nouveau la thématique environnementale qui a fait « recette ». Il ne faut surtout pas laisser les fruits de la récolte à la gauche et aux Verts en particuliers. Plus écolo que moi et sur les énergies non renouvelables, cela n’existe pas ! Tel est le leitmotiv du président de la République pour justifier de ressortir la fameuse « taxe carbone » dont nous ne connaissons pas encore le contenu exact. A ce propos il conviendra d’être vigilant afin que cette taxe ne soit pas indirectement une incitation, pour les grandes entreprises, à continuer de polluer au motif qu’elles s’acquittent d’une taxe !
Un électrochoc pour le Parti Socialiste et certains de ses responsables qui aveuglés par leurs « égos » de notables locaux n’ont toujours pas compris que ce parti était sous perfusion depuis 2002 et l’échec de la candidature de Lionel Jospin à l’élection présidentielle.
Le résultat du parti Socialiste de 16,48%, qui n’est pas une surprise pour les militants de terrain qui eux demeurent toujours lucides, correspond à la période de crise de ce parti en 1994. Cette période ne l’oublions pas était celle de la fin de règne du père fondateur.
Depuis la fracture politique intervenue en son sein, lors du référendum européen de 2004, entre les tenants du oui et les tenants du non sur le projet de constitution européenne, ce parti poursuit inexorablement sa lente agonie, rongé par un mal incurable : l’absence de projet politique dans un Idéal Socialiste du XXIème siècle.
Cette mort lente et programmée dans le temps, le rend aphone au point qu’il ne réagit même plus lorsque la droite libérale se pare des habits de la sociale démocratie pour gouverner.
De plus, les baronies locales qui se réfugiaient derrière l’appareil du parti socialiste pour assurer le renouvellement permanent de leur mandat et se dégager de toutes responsabilités dans le déclin politique vont se retrouver maintenant toutes seules devant les électeurs. Elles vont devoir rendre des comptes car l’appareil politique ne répond plus ! Si le spectacle pitoyable du Congrès de Reims a rendu « orphelin » un grand nombre de militants ou de sympathisants de ce parti, il devient vital pour notre démocratie que ceux-ci réagissent et construisent un nouvel espace politique de progrès, de justice sociale et d’écologie. C’est une démarche de salut public qui est en jeu pour les socialistes !
Une grande joie et une douce euphorie pour les Verts, composés à l’origine d’un attelage politique détonnant, mais étonnant par sa capacité, au regard de sa diversité de sensibilités écologiques (inhabituelle pour ce parti) à présenter une offre politique cohérente, centrée sur un vrai projet européen. Les Verts réalisent avec la liste Europe écologie le meilleur résultat électoral de leur histoire avec 16,28%. Ce résultat à l’occasion d’une élection dite « intermédiaire » n’est cependant pas une réelle surprise en soi. Le déroulement de la campagne des européennes basé, pour les principaux partis politiques, sur des stratégies de positionnement en vue de l’élection présidentielle de 2012 et l’évolution des sondages d’opinion permettaient d’attester avant le vote des français que les Verts seraient une valeur refuge ; une valeur refuge pour les déçus du « Sarkozisme », les « déboussolés » du Modem, les orphelins Socialistes. La liste Europe Ecologie avec un vrai projet de société d’aménagement et de développement durable, thème qui traverse maintenant touts les courants politiques de notre société, constituait à l’évidence un choix sécurisant, fédérateur et porteur d’avenir pour les nouvelles générations qui ont peu de perspectives transcendantes devant eux, dans le vivre ensemble en société ! Le résultat des Verts atteste du bien fondé de l’analyse, il reste maintenant à traduire ce résultat politiquement sur le long terme et à l’utiliser à bon escient pour construire ce nouvel espace politique que j’évoquais précédemment.
Réflexions, méditations, pour le Modem et son chef en particulier. Le résultat de ce parti de 8,45% le ramène au niveau de l’ex UDF en 1999 (9,28%) Je ne reviendrai pas sur le déplorable spectacle médiatique offert par le président du Modem dans son altercation avec le chef de file de la liste Europe écologie en fin de campagne qui a pu perturber des électeurs et, je le conçois, traumatiser des militants et des sympathisants de ce parti. Les vieilles pratiques politiciennes de la quatrième république demeurent, même si elles ne font plus recettes. Elles témoignent, une fois de plus, que la nature humaine est bien « une science inexacte » Je m’attarderai plutôt, sur la stratégie personnelle et individuelle du président du Modem et la nécessaire clarification politique qu’il doit opérer rapidement. Le Modem disposait de plusieurs atouts pour obtenir un résultat intéressant, poursuivre sa percée des présidentielles et construire un socle politique de référence : un projet et un engagement européen autour de la citoyenneté européenne qui n’est plus à démontrer, un espace politique captif par un discours et des pratiques politiques sensées être nouvelles. J’avoue mon étonnement devant l’erreur politique commise par le président du Modem , qui est pourtant un vieux « routier » de la politique. Il s’est trompé de cible dans cette élection européenne et à poursuivi l’unique et seul projet qui l’anime : se faire élire Président de la République. Le projet est respectable en soi à condition qu’il se construise collectivement (même si l’élection présidentielle est aussi une aventure personnelle et un face à face entre un individu et des citoyens) et se gère dans un bon timing ! Cette erreur est à mettre à mon avis au compte de la « solitude » du personnage et une erreur d’analyse des résultats du Modem à la présidentielle de 2007. Il convient de ne pas oublier que le Modem avait attiré vers lui de nombreux citoyens de gauche à l’époque. Il devient donc impératif que le Président du Modem reconnaisse qu’il a franchit le « Rubicon » et que son parti et lui se situent bien, comme social démocrate où démocrate social, au centre gauche de l’échiquier politique français. Il y a urgence à faire cela car sinon, je crains que de nouveaux orphelins naissent dans les mois à venir !
Pour les extrêmes du paysage politique, les résultats obtenus correspondent bien à ce qu’ils représentent réellement dans la société. Je relève seulement que le Front de Gauche devance le parti du « petit postier » avec 6,05% et que l’une de ses composantes le Parti de Gauche a réussi son OPA sur les ruines du parti communiste. A l’horizon de 2012 son président devient un présidentiable de plus. Ce qu’il recherchait en quittant le parti socialiste au moment du congrès de Reims !
Les résultats de ces élections européennes qui voient un renforcement des droites « dites libérales » en Europe, nous laisse un paysage politique français bien paradoxal empreint d’une grande complexité mais également d’une simplicité évidente.
Un grande complexité car dans un environnement de crise économique et sociale qui frappe durement une très grande majorité des français, à l’exception des détenteurs du Capital et des prédateurs financiers, l’absence de projets politiques alternatifs rend très difficile la perception de l’élaboration de nouveaux repères politiques identitaires.
Une simplicité évidente car il se confirme que l’organisation du vivre ensemble doit se construire tant au plan national qu’européen à partir d’espaces politiques aux formes d’organisation et aux pratiques refondées : espace politique conservateur libéral, espace politique de progrès de justice et d’écologie avec en périphérie les espaces des extrêmes.
Il nous reste un long chemin à construire, un immense paysage politique à redessiner et, pour ce qui me concerne, dans l’espace de progrès, de justice et d’écologie. C’est un projet politique exaltant pour les acteurs de la transformation sociale, pour les « passeurs d’avenir » dont je fais partie.
Il y a là matière à action pour notre association la Nouvelle Force pour Châlons, dans son territoire de vie, afin de susciter, d’éveiller les consciences et de faire adhérer à son projet, qui chaque jour qui passe, est rendu de plus en plus pertinent !
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Commentaires
Merci Alain pour cette analyse développée.
Je partage l'ensemble de tes constats.
Juste une remarque sur ce que tu dis à propos du Mouvement dans lequel je milite.
Le MoDem et ses militants sont loin d'être traumatisés! Ils n'étaient pas à l'abri d'erreurs de jeunesse et ils les ont commises mais après les constats et la nécessaire autocritique, les combats restent à mener: combat pour la collégialité, pour le renouveau des pratiques, pour que le militantisme ne soit pas qu'une question de collage d'affiches mais un remue-ménage de fond de la conscience citoyenne et civique! Combat pour faire ce que nous disons et dire ce que nous faisons! Et moi, comme d'autres, avec le chef et plus seulement derrière (!)on est toujours à fond! PLUS QUE JAMAIS!
Sur les erreurs de stratégie, il est vrai que le MoDem s'est trompé. La raison en est que les moyens de com nous manquant, Bayrou a cru bon de sortir son livre pour occuper le devant de la scène et faire parler de nous... Mais il aurait dû se douter que le diable de la caricature allait se jeter sur lui comme la misère sur le monde! On l'a taxé d'antisarkozysme primaire alors que sa critique est plus profonde, on l'a accusé de ne rouler que pour lui alors qu'il est bien clair que le renouvellement qu'il prône et qui le dépasse est impossible s'il n'est pas président en 2012... Et on a cru que le MoDem ne parlait pas d'Europe alors qu'on a bossé comme des dingues sur le programme européen pour la prochaine mandature. On s'est fait déposséder de ce boulot parce que ça n'intéressait personne au fond, et surtout pas les médias! Comme Bayrou est intelligent et que sa vision est juste, il n'y a aucune raison pour qu'il n'entende pas ce qui vient de la base et les demandes sont claires et le seront encore plus quand le nouveau parti de centre droit sera crée!
Et pour finir, parce qu'il n'y a pas que Bayrou qui ait du mal à entendre:
NON ALAIN nous ne sommes pas au centre gauche! NOUS SOMMES AU CENTRE et nous allons prochainement le prouver lors des scrutins régionaux, je l'espère!
Le mérite de l'élection européenne, le seul pour nous et que tu n'as pas commenté, c'est que le centre est devenu indépendant durant cette camapgne et qu'on a cessé de nous identifier à droite ou à gauche! Et ça, c'est une vraie victoire!;-)
Ecrit par : Mapie | 12.06.2009
Etre au centre, c'est bien, mais au centre de quoi et pour y faire quoi ?
cf http://noeufsdepigeon.hautetfort.com/archive/2009/06/12/chante-rossignol-chante.html
Ecrit par : Noeuf de pigeon | 12.06.2009
Au centre du noeud pour y faire du noeuf!
http://www.generationsengagees.fr/
Ecrit par : Mapie | 13.06.2009
Au centre ou au milieu ? That is ze question ! et attention, la position n'est pas facile, car, comme chacun sait, qui vole un noeuf vole un boeuf...
Ecrit par : Noeuf de pigeon | 13.06.2009
... et qui va à la chasse perd sa place. Alors, quand on veut absolument rester au centre du milieu ou au milieu du centre, on a intérêt à faire gaffe où c'est qu'on met les pieds. Car, si on marche en plein (au milieu ou au centre, et vice-versa) dedans, ça peut porter bonheur comme ça peut sentir pas bon. Mais bon, on s'égare et, de ce fait, on s'éloigne du centre de nos préoccupations sans savoir si ça nous mêne à gauche, à droite, au milieu, au-dessus, en dessous ou ailleurs. A moins que ce soit sur le côté. Ou dans le bas côté, voire carrément dans le fossé. Enfin bref que l'on tombe par terre, de la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, de celle à Rousseau, dans une drôle de pose, et c'est la faute à Goze.
A ce stade, c'est évident, on n'est plus au centre, mais sur sa gauche, c'est à dire sur la droite de l'extrême-gauche, sans que l'on sache vraiment si on est à gauche, au centre gauche ou au centre-gauche, voire sur le trait d'union entre le centre et la gauche, le cul entre deux chaises.
bon : vos histoires, ça devient franchement trop compliqué, j'y comprends plus rien, à supposer que j'y ai compris quelque chose un jour. Alors, je crois qu'il ne me reste plus qu'une solution : me mettre au vert. alors, si vous pouviez m'indiquer le chemin (à gauche, à droite, au centre ou ailleurs) pour y aller, ça serait bien sympa...
Ecrit par : Homère | 13.06.2009
Mais que se passe-t-il sur ce blog ?
Je me suis complétement perdu avec vos explications de centre-gauche, centre- droit, de la droite de la gauche ou de la gauche de la droite !
Vous voulez prendre quelle direction au juste ?
Vous ne devez pas avoir le même "TOM TOM" que moi, car la dame qui me parle régulièrement dans l'appareil m'indique première à gauche, deuxième à droite, faites demi tour dés que possible, mais jamais au grand jamais elle me demande de prendre le centre.
Vous qui voyagez beaucoup dans notre belle région, bien souvent il n'est pas possible de franchir le centre !
La dame toujours la même me dit :
"Contournez le rond point et première sortie etc."
Alors si vous avez une nouvelle version de cet appareil merci de m'adresser la copie de la fiche technique de présentation.
Vous pouvez me l'adresser à l'adresse suivante
L'aigle noir
Ruelle du centre du ciel
51000 CHAALONS EN CHAMPAIGNE
Ainsi je pourrai comprendre pourquoi certains internautes cherchent encore la direction à prendre pour arriver à destination.
Ecrit par : L'aigle noir | 16.06.2009
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