01.06.2009

Agenda 21 : jusqu’où BBB retiendra-t-il les idées de la Nouvelle Force ?

vignette débat moyen.jpgpar Bruno Malthet

 

 

Le 28 mai, les conseils communautaire et municipal de Châlons-en-Champagne étaient invités à se prononcer à peu près sur les mêmes sujets, à savoir la suite à donner au 150 fiches issues du Grenelle local de l’environnement (GLE) et la mise en œuvre d’un agenda 21.

Le conseil communautaire avait à son menu deux délibérations, le conseil municipal une seule. L’écart provenait de ce que, du côté ville, l’agenda 21 n’était aucunement développé et qu’il se trouvait réduit qu’à une simple ligne dans la délibération relative au GLE.

Les élus municipaux ne siégeant pas au conseil communautaire ou n’ayant pas eu la curiosité d’assister à l’autre assemblée n’avaient donc pas connaissance des propos assez surprenants tenus par M. Apparu sur le rôle très réducteur qu’il attribuait à un Agenda 21.

Lors du conseil communautaire, M. Apparu a insisté sur le fait que l’Agenda 21 ne serait qu’un « simple débouché administratif » qui offrirait « un cadre de référence pour le financement » des actions du Grenelle local de l’environnement. Bref, pour faire simple, une pompe à fric. Quant au pilier social de l’Agenda 21, totalement absent du projet de délibération communautaire, il a fallu l’intervention en séance de Alain Biaux, maire de Fagnières, pour le rappeler.

Lors du conseil municipal, sans l’intervention d’Alain Goze, l’Agenda 21 serait passé totalement aux oubliettes. A en croire M. Apparu, cette intervention d’Alain Goze aurait été un « un cours de droit administratif » tout aussi inutile que rasoir, sans doute parce que les élus municipaux maîtrisaient parfaitement bien le concept d’Agenda 21. Ce qui manifestement, bien que ce ne fut pas dit, n’était absolument pas le cas des élus communautaires à qui on avait cru devoir présenter une délibération leur exposant succinctement sur deux pages ce qu’était un Agenda 21.

Mais la rage de M. Apparu envers Alain Goze venait de ce que M. le député n’avait manifestement pas apprécié que son opposant lui rappelle les deux citations précédentes et apporte à l’assemblée communale son expertise sur ce qu’est réellement un Agenda 21. Pourtant, il faut bien le reconnaître, bien peu d’élus et de citoyens le connaissent et encore moins le maîtrisent.

L’intervention d’Alain Goze fut toutefois loin d’être inutile et ne saurait être réduite à ce que l’Union en rapporta le 29 mai (cf., sur le site www.catalaunien.net cet article et la réaction de l'association Nouvelle Catalaunie à la date du 30 mai 2009). Le maire a en effet, au moins implicitement, donné tort à son bouillant dauphin et, par ricochet, raison à Alain Goze en proposant de modifier substantiellement la délibération pour tenir compte de ses remarques.

Alors que le projet de délibération prévoyait de créer un comité de suivi du GLE distinct de celui de la communauté d’agglomération, le maire a proposé que la ville « décide la mise en place d’un comité de suivi commun avec la CAC ». Quant à l’Agenda 21, pour lequel le projet ne prévoyait qu’un simple engagement à participer à celui de la CAC, la modification présentée prévoit désormais que « la ville participera à l’Agenda 21 dont la CAC est chef de file ».

La ville disposera donc d’un véritable Agenda 21 qui sera un sous-ensemble de celui de la CAC et dont les modalités, comme Alain Goze l’a fait préciser au maire, seront définies ultérieurement en conseil municipal, ce que le projet de délibération initial ne prévoyait absolument pas.

Comme le rappela Alain Goze, l’Agenda 21 est un outil devant servir pour un « vrai projet politique au niveau du territoire » qui n’est ni de gauche, ni de droite, même si, dans l’Union du 28 mai, la section locale du PS s’est prononcée contre cet outil. Ce positionnement est d’autant plus curieux que l’Agenda 21 figurait dans le programme municipal de cette formation (comme, au demeurant, dans celui de la Nouvelle Force), contrairement à celui de Bruno Bourg-Broc. Mais la morale est sauve : l’élue PS présente a en effet voté la délibération que son leader vilipendait la veille.

Il reste maintenant à vérifier si l’Agenda 21 sera effectivement au service d’un tel vrai projet ou bien, comme le voulait M. Apparu, un simple cadre administratif destiné à aller chercher des financements nationaux ou européens.

Il appartiendra à La Nouvelle Force de veiller à ce que ce qui fut chassé par la porte ne revienne pas par la fenêtre lorsque le conseil municipal aura à se prononcer, comme le maire s’y est engagé, sur les modalités de mise en œuvre de l’agenda 21.

Commentaires

Quelle méconnaissance! Il faut dire que M. Apparu était bien trop occupé à préparer son rapport de destructuration du lycée pour travailler correctement ses fiches sur l'Agenda 21 local... Ah! Les ambitions nationales, ça détourne du local, c'est sûr! ;-)
Alain, continue les cours de droit administratif! Nous on adore ça à la NF!

Ecrit par : Mapie | 01.06.2009

C'est drôle, mais, sur mon blog, j'ai une version un petit peu différente de la chose! A croire que l'on ne vit pas sur la même planette...
http://noeufsdepigeon.hautetfort.com/archive/2009/05/29/alouette-je-te-plumerai.html

Ecrit par : Noeuf de pigeon | 01.06.2009

Ecrire un commentaire