30.04.2009

COMPTE RENDU DU DEBAT PUBLIC SUR L'AGENDA 21 LOCAL

vignette débat moyen.jpgLe 14 avril dernier La Nouvelle Force organisait un débat public à la Salle de Malte sur le thème de l’Agenda 21. En effet, il nous est apparu depuis l’origine du Grenelle local de l’environnement à Châlons, que la démarche engagée par la Municipalité serait insuffisante si elle n’était pas transformée ou prolongée par la mise en place d’un tel Agenda. Hasard du calendrier, le même jour se tenait à la médiathèque Pompidou, la réunion de bilan du Grenelle lors de laquelle Bruno Bourg Broc a annoncé la décision d’entrer dans la réalisation de cet Agenda…

 

Les intervenants et la présentation


Le débat a été particulièrement intéressant grâce aux interventions complémentaires de R. Joannesse, adjoint Vert au maire de Reims, de Denis Quéva, ancien responsable à Auxerre chargé du service quartiers, jeunesse et citoyenneté et à la présence comme grand témoin de Bernard Christophe, économiste, professeur à l’Université Jules Verne d’Amiens qui participe au suivi de l’Agenda 21 de l’Oise.

Un diaporama présentait d’abord de façon claire et synthétique la démarche de l’agenda 21 local directement calquée sur l’Agenda 21 (ou plan d'action pour le XXIème siècle) défini à la Conférence de Rio en 1992. Cette conférence internationale sur l'urgence du développement durable de la planète faisait déjà des collectivités territoriales les acteurs clés de ce développement reposant sur les trois piliers indissociables de l’économie, du social et de l’environnemental.
La parole a ensuite été donnée aux deux intervenants qui ont répondu à plusieurs séries de questions suivant le déroulement chronologique de la mise en place de l’Agenda 21 local.


Le choix d’entrer dans la démarche


A Reims, la nouvelle équipe s’est appuyée sur les gestes déjà mis en place de façon autonome par les services pour les prolonger en une véritable politique cohérente voulue par la ville.
A Auxerre, la municipalité de Gauche plurielle arrivée aux affaires en 2001 et constituée de plusieurs élus Verts a spontanément retenu l’idée d’un Agenda 21 et s’est fondée quant à elle sur une bonne appropriation du dispositif de démocratie de proximité dès le début du mandat : les habitants ont vite fait confiance car le lien s’est  instauré de manière naturelle dans les conseils de quartiers.


L’étape du diagnostic


D. Quéva insiste sur la difficulté de cette étape dont l’enjeu est essentiel car il permet de multiplier les regards sur la ville et de croiser les logiques complémentaires. « Il faut faire admettre aux services que les problèmes des habitants sont réels et que les caractéristiques du territoire ne sont pas seulement affaire de géographes ou d’urbanistes. »
R. Joannesse, quant à lui, met en exergue la nécessité que ce soit le maire lui-même qui porte le message pour la crédibilité de la démarche. Il est indispensable d’inclure tout le monde dans le diagnostic (architectes, services, personnes qui s’occupent de lieux de vie, espaces verts, structures sportives…), de comprendre ce qu’est la ville aujourd’hui pour savoir ce que les habitants veulent en faire demain.
A une question du professeur Christophe sur le sujet, R. Joannesse explique que le diagnostic est organisé à Reims par les services de la mairie tandis qu’à Auxerre, Denis Quéva mentionne qu'il a été fait appel à une association fortement impliquée dans les démarches environnementales qui a chargé deux consultants d’intervenir sur la stratégie méthodologique mais pas sur le contenu. Pour les deux villes, le diagnostic dure 10 à 12 mois.


L’étape de la mise en place et de l’évaluation


A Auxerre, la méthodologie a évolué au fil du temps : entre celle du départ définie par le cabinet et celle de l’arrivée, il a fallu se délester d’un certain nombre d’indicateurs (de 100, on est passé à 20) qui sont fastidieux à formuler, à mesurer puis à analyser. La démarche est en fait devenue plus pragmatique qu’idéologique. L’idée étant de rester participatif jusqu’au bout, il ne faut pas que la démarche tourne à l’  « usine à gaz », il convient donc de privilégier le contenu sur les outils. Pour la mise en place de l’Agenda constitué à l’issue du diagnostic de 86 projets, la ville a nommé un chargé de mission et un secrétariat à temps complet subventionnés par les fonds de la ville et les aides du ministère du Développement Durable. Ce binôme a été fortement appuyé par le directeur des services techniques qui a su alléger la méthodologie pour ne pas assécher le contenu.
Les projets retenus par la ville d'Auxerre peuvent être classés dans 5 catégories :
-    mobilité et diversité des modes de déplacements
-    évolution de la population entre équilibre et intégration, enjeu de cohésion sociale car la ville est constituée de 5 ZUP
-    ressources du territoire et qualité de vie, réconcilier Auxerre et son environnement
-    aménager, développer des pôles d’activités et les articuler avec les ressources locales
-    pérenniser la démarche de développement durable


R. Joannesse fait alors remarquer la nécessité d’inclure les services dans la démarche de l’Agenda 21. A Reims, on avait initialement augmenté les effectifs du service en charge du développement durable pour remarquer qu’il était bien plus efficace qu’il y ait un délégué-correspondant durable dans chaque direction. Il faut stimuler et impliquer les services aux buts politiques de la collectivité.

A une question du professeur Christophe sur le problème du périmètre d’action et des compétences séparées entre les collectivités, R. Joannesse répond qu’on peut discuter avec les autres et agir de concert sur certains projets. Par exemple, Reims Métropole crée un label HQE qui va pouvoir être utilisé par d’autres collectivités qui n’ont pas les mêmes moyens.
A Auxerre, une grande partie de l’économie de la ville est à l’extérieur mais les choses changent depuis que le maire est devenu Président de la Communauté de communes. Pour articuler l’Agenda 21 et la deuxième version du Grenelle de l’Environnement ainsi que les plans climats locaux, il faut sortir du cadre du territoire. La population est finalement consciente de l’artificialité des limites. La dynamique à l’œuvre dans la ville centre permet de dépasser les égoïsmes des communes de l’arrondissement.

 

Les questions

 

La phase suivante du débat a permis aux participants au nombre d’une trentaine de poser leurs questions aux intervenants :
sur l’implication des objectifs de l’Agenda 21 dans le PLU,
sur l’articulation de la politique municipale et du Plan Climat Régional,
sur la possibilité d’un financement européen, sur l’implication des habitants des quartiers,
sur le rapport de l’Agenda 21 et des entreprises,
sur la crise comme frein au financement du Développement Durable,
sur la mise en cohérence de l’Agenda 21 et du Grenelle de l’Environnement National,
sur l’intégration de l’Agenda dans les services municipaux,
sur la proportion droite/gauche dans les municipalités qui ont choisi la démarche
sur la décroissance…

(compte-rendu à venir de cette partie de la réunion ...)

 

La synthèse

 

La synthèse des discussions a été ensuite brillamment réalisée par le professeur Christophe qui a mis en exergue 7 points d’attention pour une ville qui désirerait mettre en place un agenda 21.

Il commence par remarquer que les deux interventions révèlent la différence nette qu’il y a entre politique et technique dans le cadre de la mise en place de l’Agenda 21 qui comporte effectivement des aspects à la fois politiques et techniques à prendre en compte.


1)    On ne peut mettre en place un Agenda 21 que s’il y a un rôle important des gens de la base.
La représentation des associations notamment doit être très diverse (de la FNSEA aux Restau du cœur) pour obtenir l’aval des citoyens.


2)    On ne peut mettre en place un Agenda 21 que s’il y a une mairie.
Les services techniques doivent être dans la coup et pour la méthode, on peut se faire aider d’un cabinet extérieur ou observer ce qui se passe ailleurs.


3)    Dans la mise en place de l’Agenda 21, il faut veiller à la cohérence des projets entre eux. Les projets sont souvent très divers mais derrière ce terme de projet que met-on réellement ? Du social, de l’environnemental, de l’économique… Attention, aux contradictions.


4)    Dans la mise en place de l’Agenda 21, il faut veiller au périmètre concerné.
Périmètre administratif : quand le promoteur est une mairie, il faut qu’elle puisse se situer par rapport aux autres collectivités. Quel rôle la commune doit-elle jouer par rapport à l’Agenda 21 en relation avec ses compétences et ses attributions?
Périmètre de compétences : notamment par rapport au rôle de l’entreprise, la collectivité doit travailler sur les problèmes de transport collectif et c’est naturel puisque les entreprises payent des cotisations transport. Les entreprises ont leurs propres contraintes, les consommateurs ont aussi une influence ainsi que les questions de marketing.


5)    Dans la mise en place de l’Agenda 21, la mairie doit donner l’exemple
: elle est à la fois promoteur et bénéficiaire. Ce n’est pas si évident que cela ! Par exemple pour le verdissement des administrations, il y a des techniques proposées.


6)    Dans la mise en place de l’Agenda 21, il ne faut pas négliger la dimension politique, veiller à la communication qui est importante en externe et en interne et définir clairement les indicateurs de moyens et d’objectifs.


7)    Dans la mise en place de l’Agenda 21, il faut éviter la démagogie, prendre des décisions politiques, faire des choix difficiles qui ne consistent pas seulement à dire qu’on s’aime tous mais qui remettent en question le bien commun.

 

A 23h la réunion s’est achevée et les participants étaient satisfaits de la qualité de l’échange autant que les intervenants de celle des questions. L’Agenda 21, c’est parti à Châlons ! Nous sommes convaincus! Nous en serons !


Pour télécharger la déclaration de La Nouvelle Force distribuée à l'issue du débat:


Débat public agenda 21 fiche 1-1.pdf

Débat public agenda 21 fiche 2.pdf

08.04.2009

La Nouvelle Force vous invite

La Nouvelle Force propose sa contribution au Grenelle Local de l'environnement en organisant:


UN DEBAT PUBLIC


Mardi 14 avril prochain à 20 30 à la salle de MALTE


Ce débat portera sur le thème de l'Agenda 21 , outil privilégié pour les collectivités car il permet de mettre en place un plan d'actions sur le long terme pour le développement durable.

237 municipalités ont déjà fait ce choix en France. Pour quoi pas Châlons en Champagne?

Qu'est-ce qu'un Agenda 21 ? Quel est l'intérêt de s'inscrire précisément dans cette démarche?

Pour répondre à nos questions, trois intervenants issus de trois villes différentes qui mettent en place ou évaluent la première version de leur Agenda 21:

- Isabelle JACOB, adjointe au maire de Château-Thierry

- Raymond JOANESSE, adjoint au maire de Reims

- Denis QUEVA, ancien responsable de service à la ville d'Auxerre

La synthèse des débats sera assurée par le professeur Bernard CHRISTOPHE

 

Venez nombreux poser vos questions sur l'engagement des collectivités locales au service du développement durable qui est l'affaire de tous!

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Le débat municipal autour du projet scientifique du musée

image musée.jpgPar Bruno Malthet

Le projet scientifique des musées de Châlons a été présenté sous forme d’un diaporama par M. Philippe Pagnotta, conservateur en chef des musées, lors d’une interruption formelle du Conseil municipal. Avant de lui céder la parole, M. Doucet, premier adjoint, précisa que soumettre ce projet au conseil municipal n’était pas une nécessité indispensable.

Cette présentation reprenait, à quelques diapos près, celle qui accompagnait le projet de délibération soumis au conseil municipal (voir par ailleurs). Avec, toutefois, un avantage de poids : la lisibilité d’un grand écran. Le diaporama dont disposaient les élus nécessitait en effet un œil de lynx pour lire, par exemple, la diapo relative à l’estimation de la superficie totale nécessaire au projet. Quant au plan d’extension du futur musée qui fut projeté à l’écran, il ne figurait pas dans le document préparatoire  remis aux élus.

Le premier élu a intervenir fut Alain Goze (opposition, La Nouvelle Force). Il salua le travail réalisé et attendu depuis de nombreuses années. Il regretta que l’on n’ait pas mis le musée Schiller & Goethe en réseau pour lui faire bénéficier, comme cela va être fait avec le musée du Cloître, du label Musée de France dont bénéficient les Musées des Beaux Arts et Garinet.

S’agissant du diaporama accompagnant le projet de délibération, il s’interrogea sur la signification de son caractère condensé : s’agit-il du document officiel qui sera transmis à la DRAC, ou bien d’une esquisse, la première étape du projet scientifique décrite par le guide méthodologique à l’usage des conservateurs dont il disposait ?

Le bilan dressé de l’existant faisant état d’un siècle d’abandon, l’élu demanda que l’on pondérât le propos qui, souligna-t-il, était quelque peu blessant pour la mémoire de Jean-Pierre Ravaux, auteur de deux projets victimes de l’absence de volonté politique et qui dut faire seul contre mauvaise fortune.

Puis suivit toute une série d’interrogations liées aux carences du document de présentation par rapport aux exigences de la DRAC. Quelle fut la fréquentation des trois années antérieures ? Et les moyens administratifs ? Qu’en est-il de la sécurité des collections et de leur inventaire ? Quels sont les effectifs prévisionnels et le plan de financement ? Quel est le plan de formation prévu pour le personnel dont la présentation nous dit qu’il serait « en grande partie non qualifié » ?

Pour Alain Goze, le sentiment général est que le projet scientifique présenté aura un coût très important, auquel il convient d’ajouter celui des réserves du musée, qui nécessiterait de s’interroger sur l’opportunité de construire un nouvel équipement adapté et moderne si on veut pouvoir disposer des dernières technologies, plutôt que de vouloir développer le musée in situ dans des locaux mal adaptés.

Puis suivit l’intervention de Martine Combes (opposition, PS) qui regretta que ce projet arrivât seulement maintenant et restât de l’ordre du catalogue, avant de s’interroger sur la mise en perspective de certaines collections, comme celles de Nicolas Appert et Léon Bourgeois. Quels publics veut-on attirer, s’inquiéta-t-elle, avant de se demander comment on allait créer un musée du XXIe siècle sans défigurer le patrimoine existant.

Pour la majorité municipale, M. Pelletier répliqua en rappelant que, sans remettre en cause le travail de Jean-Pierre Ravaux, force était de constater que, depuis l’arrivée de M. Pagnotta, il y avait eu de profonds changements dans l’animation des musées.

M. Doucet
, pour sa part, s’attacha à répondre aux critiques de l’opposition en précisant qu’il n’existait aucune obligation légale de rédiger un projet scientifique, que celui-ci n’avait aucun rapport avec le label Musée de France pour lequel le musée Schiller & Goethe ne répondait à aucune des conditions requises pour en bénéficier.

Quant au siècle d’abandon évoqué dans la présentation, il ne porterait aucunement atteinte à la mémoire de Jean-Pierre Ravaux(1), mais viserait les choix politiques opérés par les différentes municipalités qui se sont succédées jusqu’en 2004, année à partir de laquelle furent entrepris des travaux de rénovation de la façade du musée, de réfection de la verrière de la galerie de peintures et de création de la salle d’exposition temporaire du rez-de-chaussée.

Revenant sur le fond du dossier, le premier adjoint précisa qu’il ne s’agissait absolument pas d’une esquisse, mais bien du projet scientifique. Celui-ci serait composé d’un dossier de 124 pages pour lequel il n’existerait aucune obligation de le communiquer au conseil municipal et dont il existerait un condensé d’une vingtaine de pages. Ce projet répond point par point, précisa le premier adjoint, tant aux exigences de la DRAC qu’aux interrogations de l’opposition.

Quant au coût des investissements à réaliser, il sera certes conséquent, mais son chiffrage fera l’objet d’une étape ultérieure après désignation d’un programmiste. La surface d’exposition ? Les 3 600 m² proposés sont suffisants, estima le premier adjoint, car il n’est nullement question de présenter en permanence les 150 000 objets dont se composent les collections du musée.

A l’issue du débat, le conseil municipal adopta la délibération sans les voix de l’opposition qui s’est abstenue.

Pour Alain Goze, la démarche méthodologie suivie par la municipalité utilisée était en effet inacceptable et malhonnête. Pourquoi ? Tout simplement parce que le respect de la réglementation exigeait que soit annexé au projet de délibération non pas un diaporama, mais le projet scientifique et culturel.

(1)  Mémoire qui sera honorée, a précisé le maire de Châlons, par l’inauguration le 16 mai 2009 du passage portant son nom et reliant la rue Léon Bourgeois à celle des Martyrs de la Résistance, via la bibliothèque municipale.

 

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