19.12.2008
"Ca fait huit ans que ça dure..."
C’est ainsi qu’un aimable conseiller municipal de la majorité s’est permis d’apostropher Alain Goze hier au terme de son intervention critique sur le budget 2009 présenté en conseil municipal de la ville de Châlons-en-Champagne.
Cela fait 8 ans que ça dure ! Mais quoi donc ? Il voulait sans doute parler des tentatives de créer le débat démocratique dont n’importe quelle collectivité a besoin pour être correctement administrée… Il voulait sans doute évoquer la qualité des propositions que M. Goze, si l’on exclut un petit côté « donneur de leçon » qui peut, on le comprend, agacer, formule pour orienter la politique urbaine de notre cité… Il voulait encore plus saluer hier la ténacité de tous ceux qui ont le courage de s’opposer à partir de 22h30 le soir, à une proposition de budget qui n’a pas été modifiée d’un pouce depuis le débat d’orientation budgétaire, d’il y a quinze jours, malgré les propositions ou critiques de l’opposition…
En réalité, je crains que ce conseiller municipal, extrêmement au fait des règles de la démocratie et de la tolérance, voire même du respect humain, n’ait simplement tenu à exprimer par ces mots qu’Alain Goze l’empêchant de rejoindre au plus vite son domicile et même son lit douillet, le faisait remarquablement bouillir avec ses considérations hors de propos.
Hors de propos la suggestion de se préoccuper de l’avenir de Châlons comme capitale administrative et d’anticiper les besoins qui pourraient se poser pour accueillir les services déconcentrés de l’Etat, qui, si les perspectives se confirment devraient requérir prochainement la mise à disposition de bâtiments et de bureaux.
Hors de propos l’étonnante proposition de capitaliser et d’épargner pour pouvoir envisager sans devoir emprunter la réalisation d’infrastructures importantes comme celle du Parc des Expositions.
Hors de propos le rappel que le développement durable non budgété confirme la triste réalité d’un Grenelle de l’environnement de façade.
Hors de propos de réclamer une programmation pluriannuelle des investissements de la ville pour pouvoir mesurer les ambitions de son développement et éviter une gestion à la sauvette et sans perspectives qui hypothèque considérablement l’avenir de notre cité.
Cette gestion sans souffle, nous en avons encore eu une éclatante démonstration hier soir au travers du vote du très ambitieux (« pharaonique » étant jugé impropre par le maître es lettres qui a voix exclusive au chapitre en ces lieux) Parc des Expositions : 7000 places pour une ville qui va perdre l’an prochain encore 1500 habitants, 42 millions d’euros qui ne seront pas dépassés grâce au « magique » PPP (compte-rendu à suivre sur ce sujet !).
Et pourtant la majorité revendique ses ambitions, reprochant à l’opposition sa « frilosité », son « pessimisme », sa « résignation ». Dans la bouche de M. Lebas : « Si on attend d’avoir toutes les réponses aux questions pour commencer les projets, on ne fait rien ! ». Et dans celle de M. Peltier la reproche de sa vision négative de la ville à M. Goze qui manque décidément de volontarisme... Il est vrai que le pessimisme est une attitude absolument irresponsable dans un monde frappé de plein fouet par une crise économique sans précédent, tandis que les salariés de Henkel tremblent et que les chiffres du chômage explosent les plafonds.
« Si nous disions que nous allions réduire la voilure de ce Parc, serait-ce un bon signal pour l’activité économique de la Région et de son développement ? », interroge BBB. Il est bienvenu ce Parc des Expos qu’Alain Goze nomme « paquebot de luxe » et dont « la voilure » invite au voyage, bienvenu pour créer de l’oubli, donner du pain, des jeux et du rêve aux châlonnais touchés par la baisse du pouvoir d’achat. Que l’on mise sur la foule des investisseurs se précipitant à Châlons dès l’ouverture pour organiser des salons lucratifs en grande quantité et sur les importantes créations d’emplois générées par le rayonnement de notre cité catalaunienne auréolée de son Parc, sans par ailleurs et en amont favoriser par une démarche efficace l’installation d’entreprises dans la région de Châlons, nous paraît tenir plus de l’attente du miracle que d’un volontarisme traduit en actes.
Et oui Monsieur le conseiller agacé, ça fait bien plus longtemps que 8 ans que ça dure le meilleur des mondes selon BBB à Châlons, bientôt 14 en fait ! 14 ans de « Tout va très bien Mme la marquise », de sourires pontifiants, d'unanimité compassée et de regards condescendants sur l’opposition qu’on foule du pied. 14 ans de déclin et 6 encore pour nous léguer à nous et à nos enfants qui n'en ont pas besoin, le cadeau sublime du Parc des Expos dont on imagine fort bien le futur patronyme…
Mais rassurons-nous, selon M. Lebas, par l’effet conjugué de la variation de l’unité monétaire et de celle du budget, nous n’aurons plus que 500 000 euros par an de loyer (contre 2,2 millions à la fin des travaux, j’avoue qu’ayant interrompu trop mes études d’économie, la subtilité du calcul m’échappe) à payer en 2042 quand Châlons sera devenu un désert (pas trop froid on espère si on tient jusque là) !
Ah! Je suis prise en flagrant délit de pessimisme! Et pourtant, je ne suis pas socialiste, ni de gauche, juste jeune et inquiète...










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