11.10.2009

Quelle participation des citoyens voulons-nous dans notre collectivité ?

 

citoyens.jpgpar Marie-Pierre BARRIERE

 

La question qui sous-tend la restructuration de la gestion des centres sociaux de la ville de Châlons en Champagne est bien celle-ci : quelle participation des citoyens voulons-nous dans notre ville?

L’enjeu de la municipalisation des centres sociaux serait fonctionnel


Tel que le prévoit le projet, leur gestion sera assurée à l’avenir par une régie personnalisée dotée d’un budget distinct de celui de la ville et d’un conseil d’administration dont les membres sont désignés par le conseil municipal.

Aujourd’hui, les centres sociaux sont gérés par leurs adhérents qui, réunis en assemblée générale votent les grandes orientations et prennent les décisions dont ils confient l’exécution au conseil d’administration.

Qu’est-ce qui détermine la ville à agir de la sorte ?


-    Première raison : Les dysfonctionnements du Centre Social Emile Schmit

On a dû nommer en janvier 2009 pour ce Centre social un administrateur provisoire en remplacement d’un conseil d’administration en grande partie démissionnaire. La situation préoccupante s’est encore aggravée avec la suspension de l’agrément de la Caisse d’Allocation Familiale qui consistait en un accompagnement financier des activités proposées par le Centre.

Mais les adhérents n’ont jamais été réunis en AG pour être consultés sur le devenir du CSC et prendre leurs responsabilités sur ce sujet. Le courrier de M. Campagnolo, administrateur et trésorier du CSC Schmit, à Alain Goze qui avait interpellé en juillet le conseil municipal à ce sujet, est particulièrement éclairant du mépris dans lequel on a tenu les adhérents : « Fallait-il imposer cette situation paroxystique à l’Assemblée Générale ? Dans un sursaut démocratique d’unanimité, la sagesse des administrateurs l’a emporté et nous nous félicitons du travail effectué jusqu’à ce jour par l’administrateur provisoire… » nommé par la ville. Le propos d’A. Goze n’était bien sûr pas de mettre en cause le travail fourni par qui que ce soit mais de rappeler les règles de fonctionnement de la structure associative au respect desquelles on a manifestement préféré le calme d’une gestion sans vague…

-
Deuxième raison : La ville reproche aux associations qui gèrent les centres sociaux châlonnais de ne pas pouvoir-vouloir travailler ensemble.

Elisa Schajer dans un article de l’Union du 1er octobre s’exprime ainsi : « Cela fait un moment que nous tentons de les faire travailler ensemble et là, brutalement, ils sont prêts à le faire, alors que nous proposons la mise en place d'une nouvelle structure de gestion. Est-ce que je peux y attacher de la valeur ? »

Or, cela fait plusieurs mois que les associations réfléchissent à la possibilité de créer une association de gestion commune dans le cadre du renouvellement de contrat avec la CAF…

Ensuite, on peut objecter à Mme Schajer que la « mutualisation »  telle que la comprend la ville manque quelque peu d’ambition puisqu'elle consiste de façon limitée au seul rapprochement fonctionnel des CSC Vallée St Pierre et Schmit, sans doute pour remédier aux problèmes financiers et techniques que rencontre le deuxième et  à la probable diminution d'activité du premier avec la disparition programmée du quartier de la Vallée St Pierre dans sa configuration actuelle. A l'opposé, les présidents et directeurs de Centres Sociaux souhaiteraient, quant à eux créer une véritable synergie entre les quatre structures dont les quatre CA seraient remplacés par un CA unique auquel on adjoindrait localement des Conseils d'usagers

D’autre part, il semble bien que ce que cache la volonté de la ville de reprendre en main la gestion des centres sociaux soit d’un autre ordre que la seule possibilité d'une meilleure « mutualisation ». En effet, lors de la réunion du 8 septembre du conseil d’administration du CSC Vallée St Pierre le conseil d’administration a affirmé que la mutualisation telle que la concevaient les différents directeurs et présidents de CSC prêts à s'associer était de leur point de vue « un outil de communication permettant de consolider la parole associative vis-à-vis de l’Etat ou des collectivités locales. » Et il serait malhonnête de ne pas le reconnaître : dans le contexte d’une ville où la démocratie participative ne fonctionne pas, où les instances de participation que sont les conseils de quartier ne sont consacrées qu’à diffuser de l’information auprès des habitants comme on l’a vu encore récemment le premier lundi d’octobre avec l’analyse de la thermographie aérienne, les associations de gestion des Centres Sociaux et Culturels peuvent effectivement être considérées comme des contre-pouvoirs, de potentielles opposantes, des empêcheuses de marcher droit, en tout cas des organes inefficaces eu égard à une volonté de rentabilité de la gestion publique… Face à ce risque, la ville, prisonnière de sa conception UMP du pouvoir, verrouille... Bien à tort, selon nous!

-    Troisième raison : « C’est pour le bien de la population »


Elisa Schajer affirme avoir les mêmes objectifs que les trois directeur de centres sociaux de Châlons : transversalité, mutualisation, efficacité, « que les personnels travaillent ensemble et  que les adhérents se rencontrent davantage sur des actions dynamiques ». C’est louable ! Mais pourquoi dans ce cas, vouloir créer une structure directement régie par la municipalité et retirer aux adhérents des quartiers, plus nombreux répartis sur quatre antennes que concentrés dans une seule, les décisions et la responsabilité du fonctionnement de ces centres ? La ville paye, elle peut être ambitieuse, dit-elle en substance ! Evidemment ! Nous ne pouvons la contredire sur ce point. Mais en quoi, les habitants d’un quartier ne pourraient pas être eux-mêmes en mesure de formuler et de réaliser des ambitions pour leur quartier ?

L’enjeu de la municipalisation des centres sociaux est politique



De quel « bien » parle Mme Schajer ?


Nous pensons à l’inverse que plus on associe les habitants au sein d’organismes soutenus par la municipalité, plus la démocratie avance et plus progresse la conscience du citoyen, le plus grand des biens à préserver, entretenir et faire grandir quand on est élu d’une collectivité locale.
Car si nous posons à nouveau la question qui constitue le titre de cet article, nous voyons bien en quoi la réponse de la municipalité actuelle diffère de celle que La Nouvelle Force Pour Châlons avait construite au travers de l’élaboration de son programme pour les dernières élections municipales.

Envisager la participation des citoyens sous l’angle de la consommation de services dans l’intérêt du châlonnais qui se voit dispenser une prestation comme une autre au Centre Social et Culturel de son quartier n’est pas notre conception d'une réelle participation. Nous souhaitons, à l’opposé de cette vision réductrice et infantilisante car elle ne fait pas confiance, que soit véritablement reconnu dans notre ville le rôle des citoyens acteurs et décideurs à qui on confie une part conséquente de l’animation de la vie sociale de leur quartier, notamment grâce aux associations de gestion des Centres Sociaux et Culturels qui ont un pouvoir et des compétences en la matière.

Et si Mme Schajer a quelque chose à reprocher à l’actuelle gestion des CSC et déplore le manque d’investissement des adhérents, c’est à elle et à l’ensemble du conseil municipal d’accompagner à la responsabilité les habitants à qui on aura enfin décidé de faire confiance. Cela ne pourra pas se faire dans le cadre d’une régie personnalisée, nous en sommes pour notre part intimement convaincus parce qu’accompagner à la responsabilité ne peut pas consister à reprendre le contrôle dans un organisme centralisé ! « Nous ne voulons pas de cette solution de régie administrative. Nous, on pense collectivement. Nous voulons conserver une version associative. Nous y sommes viscéralement attachés, parce que les gens se sentent davantage concernés. » Et Patrick Bourlon, du CSC Vallée Saint-Pierre d'ajouter : « Si le projet vient de la Ville, les bénévoles se sentiront nettement moins investis… » (propos extrait de l'article de L'Union du 1er octobre)

Dans ce nouveau contexte de municipalisation, quelle place sera faite au service rendu, aux valeurs de dévouement et d'engagement, primordiales dans une société tout entière gouvernée par la notion de profit? Nous laisserons le mot de la fin à Chantal Blot, présidente du CSC Rive Gauche qui dans un autre article tranche ainsi cette question: « Pour ma part, le bénévolat institutionnel n'est plus du bénévolat. Je n'aurai donc plus aucun intérêt à m'investir dans le conseil d'administration si celui-ci est bien évidemment maintenu »


Pour télécharger la lettre que les bureaux des associations ont envoyée aux adhérents:

Lettre aux adhérents des centres sociaux.doc

 

Pour visionner un document powerpoint réalisé par Alain Goze et expliquant les enjeux réels et les conséquences de la création d'une régie personnalisée:

2009-09-26 -Régie personnalisée-MTA 2.ppt

03.10.2009

La Nouvelle Force s’engage sur le dossier du Parc des Expositions

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"Savoir s'arrêter devant l'incompréhensible est la suprême sagesse." Tchouang-Tseu

 

 

 

Bruno Bourg-Broc s'est mis en tête de réaliser une grande oeuvre, SON oeuvre, pour la ville de Châlons. Depuis le début de la réflexion sur ce projet, nous nous opposons à lui pour plusieurs raisons qu'il est temps de synthétiser.

 

Ce que nous reprochons à la conception du projet actuel

1) Le nouveau parc sera plus grand qu’un Zénith

Le projet prévoit une salle de 7000 places debout pour 3000 assises. Lorsqu’on sait que ce qui est programmé pour le Zénith de Reims, ce sont 2000 places assises… on se demande ce qui justifie une telle démesure à Châlons.

Le projet prévoit également que la superficie de la salle couverte passe de 17000 m2 à 20 000 m2  alors que les 17 000 m2 ne sont aujourd’hui totalement utilisés que pendant la foire…

De plus, on sait d’après le cahier des charges que ce Parc alors même qu’il est si vaste ne pourra pas accueillir tout type de manifestations (pas de cinéma, pas de concerts symphoniques, pas de compétitions sportives)…

2) Et il ne sera pas durable

Et nous nous demandons ce qu’est devenu dans le projet le Grenelle local de l’environnement, ses propositions et ses bonnes résolutions.

Premièrement, le projet définitif ne comporte plus le volet « développement durable » qui était inscrit à l’origine au cahier des charges. On se targue en outre de bâtir un équipement que l’on dit « éco-responsable » sans avoir prévu de l’alimenter en énergie et en eau de façon durable (panneaux photovoltaïques, régulations thermiques, récupération des eaux par puits canadiens…).

Deuxièmement, ce projet important n’a pas été suffisamment intégré dans une perspective d’aménagement durable et global de notre ville, dans la gestion des équilibres du territoire. Le Parc doit assurer l’attractivité de Châlons, dit-on! Mais la ville perd des habitants et rien n’est prévu pour en repeupler le sud.

Enfin de nombreuses questions ne sont pas résolues dans le projet : l’aménagement des voieries, la gestion des flux de circulation, les nuisances pour le voisinage…

3) De plus, le mode de financement choisi (privé) rend plus cher l’équipement et plus coûteux les choix financiers et se traduira fatalement par une forte hausse des impôts locaux

Coût prévisionnel annoncé (TTC) .......................................... 50,0 M€

Financement public ................................... 29,8 M€

1. Ville de Châlons       ................................... 10,0 M€ (à emprunter)

2. Autres subventions   ................................... 19,8 M€

Financement privé ................................... 20,2 M€

1. PPP                         ................................... 12,0 M€

2. Remboursement de la TVA par l’Etat .............. 8,2 M€

Total financements public et privé .................... 50,0 M€


Loyer prévisionnel à payer par la ville durant trente ans ...................... 2,8 M€
soit +10  points d’impôts
Remboursement de l’emprunt de 10 M€ par an sur 30 ans ....................0,65M€
Soit +2,33 points d’impôts
Total annuel  .................................................................................... 3,45M€
Soit + 12,33 points d’impôts


Quelles seront donc les incidences d’une hausse de 12,33 % des impôts locaux (habitation et foncier)?


-    Si vous êtes locataire d’un F3 au Verbeau : vous paierez 49€ de plus par an sur 30 ans.
-    Si vous êtes propriétaire d’un F5 Rive-Gauche : vous paierez 117€ de plus par an sur 30 ans
-    Si vous êtes propriétaire d’une maison bourgeoise en centre ville : vous paierez 294€ de plus par an sur 30 ans

Dans les 3 cas, il n’est pas tenu compte dans le calcul de la revalorisation annuelle de l’assiette par l’état entre 1% et 2%

4) En outre pour confier la gestion du futur parc à un délégataire dans le cadre d’une délégation de service public (DSP), le maire manipule et dupe les châlonnais

Dans le cahier des charges de la DSP il prévoit :

-    pour la gestion: deux hypothèses

1)    soit le délégataire gère toutes  les activités ;
2)    soit le délégataire gère les activités sauf la foire exposition qui reste à l’UCIA.   

Nous n’y croyons pas ! Manipulation ! Jamais un délégataire n’acceptera de se priver d’une recette d’activité qui représentera les 2/3 de son budget.

-    pour la tarification de l'occupation de la salle

BBB prévoit dans le cahier des charges que la Ville fixera les tarifs.

Nous n’y croyons pas ! Tromperie ! Le délégataire demandera à la ville une compensation financière estimant qu’il perd de l’argent par rapport à des tarifs qui ne lui permettent pas d’assurer sa rentabilité. C’est un procédé bien connu et déjà en vigueur dans d’autres villes.

-    pour l’organisation des spectacles

BBB s’est engagé afin de percevoir la subvention du département à se rapprocher de Reims et d’Epernay pour la programmation des spectacles. Il a choisi le même programmiste pour le futur parc des expositions que celui du Millénium à Epernay qui génère des pertes financières d’exploitation importantes !

Conséquence : des déficits financiers à prévoir  que la ville devra « éponger »  par des subventions!
Si le projet se solde par une telle ardoise, qui d’autre que le contribuable devra débourser ?

5) Au final, ce projet n’est pas responsable

A l’heure où nous devons réfléchir à un nouveau modèle de consommation plus soutenable, on nous propose ici et sans réelle concertation les vieilles recettes qui ont fait leur temps: du show et de la démesure…
Quand nous aurons bien applaudi aux concerts géants dans une salle aux trois quarts vide, que restera-t-il comme temps d’applaudissement pour nos enfants?

 

Nous sommes POUR un nouveau parc des expositions

Ne nous accusons pas d’attentisme et de manque d’ambition! Il faut un nouveau parc des expositions à Châlons! Adapté à nos besoins, il sera un outil de développement du territoire. Mais nous l’avions fait remarquer lors de la présentation initiale du projet, la restructuration de l’ancien n’est pas une bonne idée. D’ailleurs l’architecte ne s’y est pas trompé puisqu’il détruit l’existant pour rebâtir à neuf... Sa reconstruction sur site sera génératrice de surcoûts et de retards inutiles.

Puisqu’on construit finalement un nouveau Parc des expositions, qu’est-ce qui empêche qu’on modifie radicalement le projet d’origine.

 

Nous avons un autre projet raisonnable, durable et responsable

Nous proposons de :

1) - redimensionner le parc pour économiser le montant qui permettra de le rendre durable ;

2) - le construire en périphérie de Châlons (aux Escarnotières, au Carrefour de la Lune ou sur l’emplacement de l’ancienne sucrerie) pour mieux gérer les flux de circulation et éviter les nuisances aux riverains ;

3) - récupérer l’emplacement actuel pour construire des logements et repeupler le sud de Châlons ;

4) - réaliser des travaux d’attente indispensables sur le parc actuel en attendant la fin de la construction du nouveau parc;

5) - renoncer au partenariat public privé, trop coûteux, et financer cet investissement par un emprunt sur 30 ans dont la charge annuelle permettra d'économiser plus d'un million d'€ sur le loyer de 2,8/an sur 30 ans actuellement prévu; en effet, si la ville empruntait sur 30 ans pour couvrir le PPP (12M), elle économiserait 2M€/an, soit l'équivalent de 7,14 points d'impôts. Elle aurait certes à sa charge l'entretien du parc et les réparations, mais leur coût annuel moyen ressort à 0,125M€/an dans le projet;

6) - confier la gestion du parc à une société d'économie mixte dans laquelle l'UCIA pourrait trouver sa place;

7) - intégrer la construction du Parc dans un projet de développement durable, global et ambitieux du territoire de Châlons et cesser de gérer à la petite semaine par promotion successive de gadgets!

 

Pour télécharger le tract sur le Projet Parc des Expos

27.09.2009

Au sujet de la consultation du 3 octobre concernant la Poste

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par Marie-Pierre BARRIERE

 

Comme le rappelle le texte émanant du Comité national contre la privatisation de La Poste, « la transformation en société anonyme constitue la première étape d’une privatisation programmée de La Poste » parce qu’à chaque fois que « l’état a effectué ce type d’opération, il a fait entrer des capitaux privés dans la société anonyme (France Télécom, EDF, GDF…) avec des conséquences immédiates: réductions de la qualité du service, suppressions massives d’emploi, augmentations tarifaires, priorité à la satisfaction des actionnaires. »

Il n’y a pas de problème financier à la Poste mais quand on veut tuer son chien… Et dire que c’est l’Europe qui nous contraint à la libéralisation, c’est encore accuser un autre chien pour se dédouaner d’assumer une politique libérale…

Si on associe désormais au service postal la notion de rentabilité et celle de plus-value, le risque est grand que le service ne soit plus équitablement rendu, parce que la distribution de courrier dans certaines zones reculées ne sera pas rentable et donc pas assurée.

C’est vrai! Mais il nous semble aussi qu’il est urgent de poser la problématique du service public dans cette affaire:
-    Quels types de services? Ainsi, il n’est pas sûr qu’il ne faille pas libéraliser les services financiers que rend la Banque Postale.
-    Qui les assure? Car si l’Etat doit s’assurer de la qualité, de la continuité et de l’efficience du service rendu, il peut ne pas en assurer le fonctionnement par ses propres moyens
-    Comment les financer? Quelles collectivités s’en chargent? Quelle part de financement public, privé, du consommateur-usager?

C’est bien la place et le rôle de l’Etat dans le service public qui est en question en filigrane.

Nous irons donc nombreux voter NON au projet gouvernemental de privatisation de la Poste mais nous refusons de nous opposer sans exiger une réflexion de fond sur l’avenir des services publics!
Ouvrons le débat et dépassons nos revendications corporatistes pour imaginer de vraies solutions d’avenir!

20.09.2009

Affaiblir les services publics, est-ce affaiblir la démocratie?

services publics.jpgPar Marie-Pierre BARRIERE


Le député socialiste Michel Vauzelle a lancé en mars dernier une pétition demandant d'inscrire la défense des services publics dans la constitution. Alain Goze, président de l'Association La Nouvelle Force a signé cette pétition, et moi, secrétaire générale de cette même association, je m'interroge et je n'ai pas encore pris ma décision...


On ne peut qu'être favorables à la protection des services publics mais de quels services parle-t-on et quel sens recouvre en fait la notion de service public?


Nous devons nous battre et lutter contre ce que le gouvernement actuel prétend affaiblir sous couvert d'en accroître la qualité: l'accès équitable de tous à certains services publics...


Nous devons préserver la spécificité de notre modèle français qui préserve tout un pan de l'activité humaine de notre pays des dangers de la concurrence.


Mais nous devons aussi nous interroger sur la capacité de l'Etat à assumer toutes les fonctions qui lui ont été conférées et qui paralysent parfois l'initiative du citoyen, tout en alourdissant la dette publique...


En clair, le débat est possible sur cette question et je me permets de l'ouvrir ici...
Amis d'ici ou d'ailleurs... Si vous voulez me convaincre... A vos claviers... Et merci d'avance pour votre aide!

Y en a marre de la Réforme qui justifie toutes les régressions

dominique versini.jpgPar Marie-Pierre BARRIERE

 

 

Le 6 mars 2000, le gouvernement votait une loi créant un Défenseur des enfants pour montrer son attachement au respect effectif des droits fondamentaux des enfants.
Il s’agit d’une institution d’Etat qui a le statut d’autorité indépendante afin de pouvoir intervenir de façon neutre et impartiale.


Son rôle
: défendre et promouvoir les droits des enfants définis par la loi ou par un engagement international comme celui de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE)


DEFENDRE : L’originalité de cette institution est qu’elle reçoit la réclamation du mineur lui-même ou des associations et qu’elle privilégie la résolution par la médiation plutôt que par le recours contentieux. Le défenseur des enfants peut proposer des modifications législatives aux pouvoirs publics. Tel a été le cas avec la création en 2002 d’un nouveau délit permettant de pénaliser les clients de prostitués âgés de 15 à 18 ans..


PROMOUVOIR : Le rôle du Défenseur des enfants dépasse le traitement des réclamations et s’inscrit dans une réflexion de société sur les grandes questions concernant les enfants : proposition de réformes législatives sur les grandes questions de société (statut des tiers beaux parents), d’amélioration des politiques publiques (rapport sur la souffrance des adolescents ayant engendré la multiplication des maisons de l’adolescent), de recommandations relatives aux mineurs isolés, aux tests ADN, à la justice des mineurs…


Le défenseur des enfants, c’est aussi :
60 correspondants territoriaux qui le représentent sur tout le territoire
32 jeunes ambassadeurs effectuant un service civil volontaire qui ont sensibilisé 50 000 enfants dans 12 départements en 3 ans

Nommée Défenseure des enfants le 29 juin 2006 par décret du président de la république pour un mandat de 6 ans, Dominique Versini a appris la semaine dernière que deux projets de loi présentés lors du dernier conseil des ministres prévoyaient la suppression sans aucune concertation préalable de cette institution. Il s’agit clairement ainsi de réduire son champ d’intervention et de diluer ses missions par la création d’un nouveau défenseur des droits non strictement limités à ceux des enfants. Il se trouve que les dernières prises de position de Dominique Versini en faveur d’enfants qui vivent dans des situations qui ne sont pas formellement interdites par le droit français mais qui sont contraires à leur intérêt supérieur au sens de la convention nationale des Droits de l’Enfants a pu gêner aux entournures un gouvernement qui promeut certaines pratiques contraires au respect de ces droits. D. Versini a ainsi été amenée à prendre position sur la présence d’enfants dans les centres de rétention administrative, le traitement réservé à certains mineurs étrangers isolés ou l’accès aux soins des enfants de Mayotte…

Mobilisons-nous pour protester contre cette nouvelle atteinte aux droits dans notre pays !

 

Pour signer la pétition, cliquez ici

 

Pour en savoir plus, cliquez ici

16.09.2009

BBB, enterre la « Carte Jeune », sitôt apparue, sitôt disparue !

carte jeunes.JPGpar Alain GOZE conseiller municipal La Nouvelle Force Pour Châlons

 

La décision a été prise dans la plus grande discrétion, comme par hasard, les « trompettes de la renommée » ont mis leur sourdine  et pour cause….

A l’origine la Carte Jeune est un « coup politique » de notre nouveau sous ministre Apparu, qui à l’époque était adjoint au maire chargé de la jeunesse et de la communication.

Voici, ce que j’écrivais en septembre 2006, à propos du lancement de la Carte Jeune dans la tribune politique du  Fil du Mau :

« Un coup politique mal ficelé ! Quelle surprise de découvrir dans l’ordre du jour du dernier conseil municipal une délibération portant sur la création d’une carte jeune pour les 16-22 ans. Depuis la proposition d’élaborer une carte jeune à la fin de l’année 2005 par le CES, aucun projet n’avait été soumis aux conseillers municipaux. Pourquoi ce silence ? Pourquoi la commission municipale de la jeunesse, les acteurs associatifs locaux et les centres sociaux et culturels n’ont-ils pas été associés à la démarche pour être partenaires du projet ? A ces questions, BBB et son adjoint à la jeunesse, Benoît Apparu, ont été incapables d’apporter le moindre élément justifiant leur précipitation. Une carte jeune peut être un levier intéressant pour favoriser et aider tous les publics jeunes à la mobilité, à la formation, à la prévention… si elle s’intègre à une politique jeunesse centrée sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. Malheureusement, à Châlons, ce n’est pas le cas puisque le projet de BBB et de son adjoint vise principalement à développer la consommation d’activités de loisirs proposées par le secteur privé concurrentiel. Ce projet est en réalité un coup politique mal ficelé et improvisé sur le fond ; une pratique qui devient hélas récurrente dans la gestion des affaires locales par BBB et son équipe. »

A partir de plusieurs exemples en provenance de collectivités locales qui avaient déjà mis en place le dispositif Carte Jeune, lors des débats en conseil municipal, j’avais alerté le sous-ministre sur l’échec prévisible de l’opération, dès lors qu’elle que celle-ci ne s’appuyait pas sur une politique jeunesse d’insertion sociale et professionnelle pour tous les jeunes..

Personne n’en avait tenu compte, BBB et B. Apparu ironisant comme d’habitude sur les conseils du « professeur Goze ».

Malheureusement les faits me donnent raison. Très peu de jeunes ont adhéré à la démarche de consommation culturelle très sélective pour laquelle les principaux acteurs associatifs notamment n’avaient pas été associé (en 2007 : 91 cartes achetées).

Pour clore ce chapitre peu glorieux, BBB a décidé en bureau municipal qu’il n’y aurait pas de communication spéciale sur le sujet souhaitant faire l’impasse sur son échec et le coût de l’opération Carte Jeune sur trois ans de durée de vie.

Je n’oublie toujours pas en effet  les moyens mis en œuvre lors de la Foire des Expositions à l’époque, avec le stand de la Ville dédié entièrement au lancement de la Carte Jeune et la communication faite pour cela, quel faste, quelle mise en scène pour valoriser l’opération !

Aujourd’hui, pour cacher l’échec qui est aussi et surtout celui de son concepteur le sous- ministre d’Etat B. Apparu, les lumières de la scène politico/médiatique sont éteintes.

Il ne faut surtout pas faire de l’ombre à la petite « star » locale, celle que le journal « le Canard Enchaîné » a épinglée cet été en titrant : si vite Apparu, si vite disparu !

 

Article paru dans l'Union le 21/09/09

12.09.2009

LES PAS PERDUS reviennent!

théâtre.jpgPour tous ceux qui comme nous ont aimé et veulent y retourner...

Pour tous ceux qui ont raté la première saison!

 

La Compagnie'D remet le spectacle dans la gare du

CSC de la Vallée St Pierre

les 18 et 19 septembre prochains à 20h30

et le 20 septembre à 15h30

(Il est prudent de réserver et de ne pas arriver trop tard: la jauge est réduite et les trains partent toujours à l'heure!!)

Pour vous donner un aperçu de l'enthousiasme de certains spectateurs, lisez-en une critique ici

 

Les pas perdus A3.pdf

28.06.2009

Logement pour les jeunes à Châlons et dans l’agglomération : Une galère de plus !

image logement des jeunes.jpgPar Alain GOZE

La délibération

A partir d’une étude, réalisée par un cabinet professionnel, (Guy Taïeb conseil – Orgeco ), intitulée : « Mission d’aide à l’élaboration d’un programme d’actions pour le logement des jeunes sur l’agglomération »,  BBB a fait délibérer le conseil municipal le 3 juin dernier sur ses proposions d’actions qui se résument pour le logement des jeunes à  la création d’une Résidence Etudiante CROUS et à  la mise en place d’une plate-forme centralisée d‘accueil et d’information sur le logement des jeunes.

Il a introduit également dans cette délibération deux autres propositions qui sont sans rapport avec la problématique du logement des jeunes et qui concernent le secteur des loisirs et du tourisme.

L’une concerne « la fin de vie » de l’Auberge de Jeunesse  dans la mesure où il se refuse à reconstruire cet équipement et préfère faire labelliser des chambres dans des meublés des résidences étudiantes au sein de la ville. Ce qui est en réalité une manière détournée de régler
des « comptes » politiques avec l’équipe dirigeante de l’Auberge de Jeunesse.

L’autre proposition a pour objet, au motif de renforcer l’attractivité de l’agglomération vis à vis des jeunes champardennais , de  diversifier l’offre d’hôtellerie de plein air du camping municipal en proposant de confier la gestion du camping à un prestataire privé. Ce qui consiste tout simplement à se débarrasser de la gestion du camping municipal, via une délégation de service public.

L’étude sur le logement des jeunes a été réalisée comme le souligne le cabinet d’étude, dans un contexte de territoire urbain et industriel peu dynamique, de territoire en déclin démographique depuis les années 1999 et où le pôle emploi a des gains limités depuis 1999, de  territoire que les jeunes très qualifiés et qualifiés quittent.

L’état des lieux dressé par le cabinet d’étude fait ressortir globalement une offre locative sociale pour les jeunes sur un parc de logement «  peu tendu », important mais très souvent inadapté.

L'insuffisance des propositions

Lorsque l’on compare les propositions de BBB par rapport à l’ensemble des besoins repérés, je suis amené à constater une fois de plus le décalage et l’inadaptation de celles-ci.

L’étude cible quatre publics, les jeunes actifs, les jeunes étudiants, les jeunes en difficultés économiques et sociales, les jeunes de passage (j’écarte volontairement de mon analyse les jeunes de passage qui sont ciblés uniquement pour justifier les mesures qui ne concernent pas le logement des jeunes).

Elle démontre que les jeunes actifs, une population avec revenus, qui se tournent vers le parc social et privé (population difficilement quantifiable  par manque d’indicateurs récents), rencontrent des difficultés pour se loger face à une offre de logements inadaptée (logements en mauvais état, vétusté, coût élevé au regard de la qualité).

Pour ces jeunes actifs l’offre provient principalement des casernes militaires et de logement SNI pour les militaires, du Foyer de Jeunes Travailleurs (F.J.T.), de la résidence privée des Launes.

Pour les jeunes étudiants, une population de 1600 jeunes environ (chiffre qui n‘intègre pas les jeunes en formation professionnelle d’apprentis qui sont environ 2000)  et dont la présence est discontinue sur le territoire, l’étude souligne une offre de logements dédiée quantitativement importante mais inadaptée pour partie.

Pour ce public étudiant l’offre provient, de la résidence étudiante de l’Effort Rémois, de la résidence étudiante de l’EMSAM, des internats des lycées, de l’internat du CFA, du F.J.T, de la résidence privée des Launes (qui ne peut répondre à la demande avec des loyers élevés).

Il est précisé que pour ce public les bailleurs sociaux n’ont pas de politique particulière et que les logements, inadaptés à la vie étudiante, sont peu accessibles en fonction de leurs revenus et des cautions exigées.

Enfin, pour les jeunes en difficultés économiques et sociales (sans ou très peu de ressources) qui représentent environ plus de 2150 jeunes, l’offre de logements est insuffisante en quantité et en qualité.

L’offre pour ces jeunes qui ont besoin d’être accompagnés et suivis pour l’accès et le maintien dans un logement par des structures spécialisées, provient du F.J.T (qui est en grande difficulté), du Comité Local pour le Logement Autonome des Jeunes (C.L.L.A.J, qui va disparaître) et du CCAS pour certains hébergements d’urgence sociale.

Les propositions de BBB en réponse au diagnostic dressé par le cabinet d’étude ne sont donc pas à la mesure des enjeux d’insertion sociale et professionnelle des jeunes et de développement  territorial qui nous sont posés.

L’absence de réponse aux besoins de certains publics s’avère même très inquiétante et témoigne à mon sens d’une absence réelle de volonté politique d’élaborer un programme global d’actions pour le logement des jeunes au sein de l’agglomération.

En effet, si la proposition de créer une Résidence Etudiante CROUS de 80 logements pour les étudiants peut éventuellement se concevoir, bien que Châlons ne soit pas une ville étudiante (pas d’université) mais une ville d’IUT, qu'en est-il des propositions pour les autres publics jeunes ciblés par l’étude ?

 

Les questions que ne résout pas la délibération

Quelles propositions pour les besoins des jeunes en formation et/où en insertion professionnelle qui sont de plus mobiles ?

Quelles propositions pour une offre de logements de qualité suffisante et diversifiée dans l’agglomération pour les jeunes actifs, pour les jeunes ménages en début de parcours autonome ?

Quelles propositions pour une offre de logements adaptée aux besoins des jeunes en difficulté économiques et sociales ?

Quelles propositions pour accompagner les jeunes en difficulté à l’accès à un logement autonome ?

L’étude dégage quelques pistes de réflexions et certaines propositions pour répondre à ces questions.

BBB ne les a pas reprises dans le programme d’actions qu’il a fait voter au conseil municipal, en dehors de la plate forme d’information pour connaître les disponibilités d’offre de logements sur le territoire, d’accompagnement et de conseil, sorte de « guichet unique » pour les jeunes et la Résidence Etudiante CROUS.

Pourquoi n’a-t-il pas mobilisé l’ensemble des bailleurs sociaux pour mettre en œuvre un programme spécifique de logements pour tous les publics jeunes ciblés ?

Pourquoi n’a-t-il pas engagé de démarches pour revisiter le programme habitat élaboré par la CAC  qui ne prévoit pas d’actions particulières pour le logement des jeunes ?

Pourquoi n’a-t-il pas prévu d’initier un programme d’actions avec d’autres partenaires publics ?
avec la Région qui traite dans ses compétences des jeunes lycéens et des jeunes étudiants, avec le Conseil Général qui gère les fonds publics à destination du logement social pour les jeunes et qui a mis en place un programme habitat dans le département.

Pourquoi attend-il depuis plusieurs années d’accélérer le projet de restructuration du Foyer de Jeunes Travailleurs en résidence sociale alors que celui-ci connaît de graves difficultés de fonctionnement qui menacent à terme son existence ?

Pourquoi n’a-t-il pas doté le CCLAJ de moyens suffisants pour faire face à sa mission d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes par le logement, alors que nous savons que ce type d’intermédiaire social est indispensable pour relayer et accompagner la politique publique du logement des jeunes en difficultés économiques et sociales ?

Nous aurons peut-être des réponses à ces questions prochainement avec le nouveau Secrétaire d’ Etat au Logement et à l’Urbanisme, Benoist Apparu.

Lui, qui dans le mandat municipal précédent, en tant qu’adjoint chargé de la jeunesse à Châlons, a été incapable de mettre en place une véritable politique d’insertion sociale et professionnelle en direction des jeunes.

Lui, qui tout récemment n’a pas su développer un argumentaire de fond en réponse aux questions et critiques que je formulais sur les propositions de BBB à propos du logement des jeunes lors du dernier conseil municipal, me traitant même de personnage « pathétique ».

J’espère que cette nouvelle fonction ministérielle l’amènera à avoir un nouveau regard et un peu plus de considération sur les problématiques du logement des jeunes en particulier.

Car, il serait plus que pathétique de voir sur notre territoire de nouveaux ghettos d’exclusion sociale avec les tentes des « Enfants de Don Quichotte » comme réponse à la galère de certains jeunes pour se loger !

11.06.2009

Après les européennes : un regard critique !

drapeau_europeen.4_150.jpgPar Alain GOZE

 

La page des élections européennes vient de se refermer, mais a-t-elle vraiment été ouverte ?
Le grand vainqueur de cette élection est « l’abstentionniste » et Châlons avec ses 70% d’abstentions confirme son leadership des collectivités locales en la matière.
Les résultats de cette élection pour certains sont un grand soulagement et une validation de leur stratégie politique, pour d’autres un électrochoc, pour d’autres encore une grande joie, une douce euphorie, enfin pour certains encore, sources de réflexions et de méditations.

Un grand soulagement pour le parti du Président de la République et son allié du Nouveau Centre. L’opération « de mystification »  menée pendant la campagne des européennes en terme de communication a fonctionné. L’UMP en surfant sur la crise économique et sociale et sans faire campagne sur un véritable projet européen arrive en tête alors que son score, par rapport aux élections européennes précédentes, traduit en réalité un effondrement qui se confirme et s’amplifie : il passe de 40,9% en moyenne entre 1979 et 1999 à 38% en 2004 et à 27,87% aujourd’hui. L’opération de « mystification » se poursuit encore. Le Président de la République rebondit maintenant sur ce résultat et sort pour la circonstance d’une certaine « clandestinité »  écologique pour s’approprier de nouveau la thématique environnementale qui a fait « recette ». Il ne faut surtout pas laisser les fruits de la récolte à la gauche et aux Verts en particuliers. Plus écolo que moi et sur les énergies non renouvelables, cela n’existe pas ! Tel est le leitmotiv du président de la République pour justifier de ressortir la fameuse « taxe carbone » dont nous ne connaissons pas encore le contenu exact. A ce propos il conviendra d’être vigilant afin que cette taxe ne soit pas indirectement une incitation, pour les grandes entreprises, à continuer de polluer au motif qu’elles s’acquittent d’une taxe !

Un électrochoc pour le Parti Socialiste et certains de ses responsables qui aveuglés par leurs « égos » de notables locaux n’ont toujours pas compris que ce parti était sous perfusion depuis 2002 et l’échec de la candidature de Lionel Jospin à l’élection présidentielle.
Le résultat du parti Socialiste de 16,48%, qui n’est pas une surprise pour les militants de terrain qui eux demeurent toujours lucides, correspond à la période de crise de ce parti en 1994. Cette période ne l’oublions pas était celle de la fin de règne du père fondateur.
Depuis la fracture politique intervenue en son sein, lors du référendum européen de 2004,  entre les tenants du oui et les tenants du non sur le projet de constitution européenne, ce parti poursuit inexorablement sa lente agonie, rongé par un mal incurable : l’absence de projet politique dans un Idéal Socialiste du XXIème siècle.
Cette mort lente et programmée dans le temps, le rend aphone au point qu’il ne réagit même plus lorsque la droite libérale se pare des habits de la sociale démocratie pour gouverner.
De plus, les baronies locales qui se réfugiaient derrière l’appareil du parti socialiste pour assurer le renouvellement permanent de leur mandat et se dégager de toutes responsabilités dans le déclin politique vont se retrouver maintenant toutes seules devant les électeurs. Elles vont devoir rendre des comptes car l’appareil politique ne répond plus ! Si le spectacle pitoyable du Congrès de Reims a rendu « orphelin » un grand nombre de militants ou de sympathisants de ce parti, il devient vital pour notre démocratie que ceux-ci réagissent et construisent un nouvel espace politique de progrès, de justice sociale et d’écologie. C’est une démarche de salut public qui est en jeu pour les socialistes !

Une grande joie et une douce euphorie pour les Verts, composés à l’origine d’un attelage politique détonnant, mais étonnant par sa capacité, au regard de sa diversité de sensibilités écologiques (inhabituelle pour ce parti) à présenter une offre politique cohérente, centrée sur un vrai projet européen. Les Verts réalisent avec la liste Europe écologie le meilleur résultat électoral de leur histoire avec 16,28%. Ce résultat à l’occasion d’une élection dite « intermédiaire » n’est cependant pas une réelle surprise en soi. Le déroulement de la campagne des européennes basé, pour les principaux partis politiques, sur des stratégies de positionnement en vue de l’élection présidentielle de 2012 et l’évolution des sondages d’opinion permettaient d’attester avant le vote des français que les Verts seraient une valeur refuge ; une valeur refuge pour les déçus du « Sarkozisme »,  les « déboussolés » du Modem, les orphelins Socialistes. La liste Europe Ecologie avec un vrai projet de société d’aménagement et de développement durable, thème qui traverse maintenant touts les courants politiques de notre société, constituait à l’évidence un choix sécurisant, fédérateur et porteur d’avenir pour les nouvelles générations qui ont peu de perspectives transcendantes devant eux, dans le vivre ensemble en société ! Le résultat des Verts atteste du bien fondé de l’analyse, il reste maintenant à traduire ce résultat politiquement sur le long terme et à l’utiliser à bon escient pour construire ce nouvel espace politique que j’évoquais précédemment.

Réflexions, méditations, pour le Modem et son chef en particulier. Le résultat de ce parti de 8,45%  le ramène au niveau de l’ex UDF en 1999 (9,28%) Je ne reviendrai pas sur le déplorable spectacle médiatique offert par le président du Modem dans son altercation avec le chef de file de la liste Europe écologie en fin de campagne qui a pu perturber des électeurs et, je le conçois, traumatiser des militants et des sympathisants de ce parti. Les vieilles pratiques politiciennes de la quatrième république demeurent, même si elles ne font plus recettes. Elles témoignent, une fois de plus, que la nature humaine est bien « une science inexacte » Je m’attarderai plutôt, sur la stratégie personnelle et individuelle du président du Modem et la nécessaire clarification politique qu’il doit opérer rapidement. Le Modem disposait de plusieurs atouts pour obtenir un résultat intéressant, poursuivre sa percée des présidentielles et construire un socle politique de référence : un projet et un engagement européen autour de la citoyenneté européenne qui n’est plus à démontrer, un espace politique captif par un discours et des pratiques politiques sensées être nouvelles. J’avoue mon étonnement devant l’erreur politique commise par le président du Modem , qui est pourtant un vieux « routier » de la politique. Il s’est trompé de cible dans cette élection européenne et à poursuivi l’unique et seul projet qui l’anime : se faire élire Président de la République. Le projet est respectable en soi à condition qu’il se construise collectivement (même si l’élection présidentielle est aussi une aventure personnelle et un face à face entre un individu et des citoyens) et se gère dans un bon timing !  Cette erreur est à mettre à mon avis au compte de la « solitude » du personnage et une erreur d’analyse des résultats du Modem à la présidentielle de 2007. Il convient de ne pas oublier que le Modem avait attiré vers lui de nombreux citoyens de gauche à l’époque. Il devient donc impératif que le Président du Modem reconnaisse qu’il a franchit le « Rubicon » et que son parti et lui se situent bien, comme social démocrate où démocrate social, au centre gauche de l’échiquier politique français. Il y a urgence à faire cela car sinon, je crains que de nouveaux orphelins naissent dans les mois à venir !

Pour les extrêmes du paysage politique, les résultats obtenus correspondent bien à ce qu’ils représentent réellement dans la société. Je relève seulement que le Front de Gauche devance le parti du « petit postier » avec 6,05% et que l’une de ses composantes le Parti de Gauche a réussi son OPA sur les ruines du parti communiste. A l’horizon de 2012 son président devient un présidentiable de plus. Ce qu’il recherchait en quittant le parti socialiste au moment du congrès de Reims !

Les résultats de ces élections européennes qui voient un renforcement des droites « dites libérales » en Europe, nous laisse un paysage politique français bien paradoxal empreint d’une grande complexité mais également d’une simplicité évidente.
Un grande complexité car dans un environnement de crise économique et sociale qui frappe durement une très grande majorité des français, à l’exception des détenteurs du Capital et des prédateurs financiers, l’absence de projets politiques alternatifs rend très difficile la perception de l’élaboration de nouveaux repères politiques identitaires.
Une simplicité évidente car il se confirme que l’organisation du vivre ensemble doit se construire tant au plan national qu’européen à partir d’espaces politiques aux formes d’organisation et aux pratiques refondées : espace politique conservateur libéral, espace politique de progrès de justice et d’écologie avec en périphérie les espaces des extrêmes.

Il nous reste un long chemin à construire, un immense paysage politique à redessiner et, pour ce qui me concerne, dans l’espace de progrès, de justice et d’écologie. C’est un projet politique exaltant pour les acteurs de la transformation sociale, pour les  « passeurs d’avenir » dont je fais partie. 
Il y a là matière à action pour notre association la Nouvelle Force pour Châlons, dans son territoire de vie, afin de susciter, d’éveiller les consciences et de faire adhérer à  son projet, qui chaque jour qui passe, est rendu de plus en plus pertinent !

03.06.2009

Du théâtre de gare...

théâtre.jpgPar Marie-Pierre BARRIERE

 

"J'écris sur la vie, la vie toute simple et toute compliquée. J'écoute les hommes et les femmes en ce qu'ils ont chacun une façon de dire ou de cacher leurs émotions. C'est cette réalité qui, pour moi, fait théâtre."

Intense moment de fou rire vendredi dernier lors de la représentation des Pas perdus de Denise Bonal au CSC Vallée St Pierre par la compagnie’ D ! La gare est un lieu plein de fantasmes : que l’on se retrouve ou que l’on se quitte, que l’on parte ou que l’on revienne, que l’on y soit seul ou en groupe, on investit d’une façon particulière cet espace dont Denise Bonal a senti toutes les potentialités dramatiques.
La compagnie’ D et ses treize comédiens amateurs l’ont également investi avec bonheur par le biais d’une scénographie particulière où les spectateurs plongent sur la scène parsemée de rangées de chaises, et parfois même y sont eux-mêmes assis, comme s’ils attendaient aussi le train qui doit les conduire ailleurs. Ailleurs, c’est au cœur de ce texte joyeusement hétéroclite, à la tonalité juste et bouleversante parfois, façonné comme un patchwork de vies minuscules… On peinerait d'ailleurs à faire l’inventaire de tous les personnages qui passent sur la scène.


Certains d’entre eux nous deviennent proches puisqu’ils passent et… repassent : Amélie Delmotte, une femme âgée posée sur sa valise comme une vieille photo sur le buffet d’une maison bourgeoise ; Matthias, le jeune homme en mal d’origine dont on connaît le père fantasque à l’écharpe écossaise et qui cherche partout en Europe le fantôme de sa mère suicidée ; Les « nettoyeuses » de trains, Maud et Augustine, amies, femmes, mères, amantes et maîtresses, installant pour nous l’étal des sentiments féminins…
D’autres nous touchent plus vite car ils ne font que traverser la scène de façon fulgurante ou imprécise : celle qui revient de l’enterrement de sa meilleure amie et qui s’en veut d’avoir eu une pensée prosaïque en apprenant sa mort, celui qui accompagne son fils à la gare et qui comprend en le quittant qu’il va devoir annoncer à sa mère qu’il ne reviendra jamais, ces couples d’amoureux qui se séparent ou s’embrassent, une demoiselle sage, exaspérée, au téléphone avec son patron, une autre, condamnée sans doute, qui exprime de façon poignante son amour de la vie…
Il y a les drôles : l’adolescente rebelle qui étourdit sa mère de remarques assassines, les bourgeoises sortant du train en état d’épuisement avancé et dont le voyage prend soudain des allures d’épopée, la nostalgique du pays de l’enfance, celui où l’on arrive jamais, où chaque jour a sa fête, celle des queues de cerise, celle de l’âne, celle des pierres plates…
Il y a les émouvants : un couple empêché de vacances dont le mariage se défait selon la progression des fêlures de l’évier, ces jeunes lesbiennes qui s’enfuient vivre leur amour avec des yeux pleins d’étoiles tout en appréhendant le jour où leur passion fusionnelle s’émiettera  dans la terre, le petit garçon handicapé dont les questions mille fois répétées angoissent terriblement la mère…


Chacun d’eux exprime à sa manière les contradictions qui nous habitent entre le désir et la peur de partir, entre la nécessité de couper les liens qui nous aliènent et la volonté de créer ceux qui nous manquent, entre la vie qui bat au rythme du bruit du poinçonneur de billets et que rend plus précieuse encore la proximité et l’inéluctabilité du grand voyage dont la sirène du train pourrait être l’introït…
Comme la parole individuelle se confond à certains moments sur scène avec la parole collective, les petites histoires personnelles rejoignent parfois dans la gare le flot continu de l’Histoire, lieu stratégique et tragique de l’enrôlement, départs pour le front ; de l’exil, convois de lumières jaunes ; du contrôle d’identité, de la rafle, de l’expulsion …


La mise en scène de Dominique Dubuy accompagne admirablement cette oscillation constante et sans violence du rire au soupir, de l’individu au groupe. Parfois regrette-t-on seulement que l’émotion passe de façon trop fugace et que le rire franc lui succède un peu rapidement. On aimerait s’installer dans certaines vies, prendre le temps de profiter des mots, les retenir quand ils sont drôles, les faire goûter au cœur quand ils nous touchent. Mais le rythme est là, effréné, la ronde des personnages mise en valeur par certains passages chorégraphiés ne souffre pas vraiment qu’on interrompe son cours mécanique… Ou alors à de rares moments de suspens mis en valeur par le chant et l’accompagnement musical de l’accordéon. La sarabande verse parfois dans le loufoque et se peuple de créatures oniriques en provenance directe des contes de notre enfance : Cendrillon rentrant du bal, le Chaperon rouge poursuivi par le grand méchant loup, le lapin blanc qui court après le temps… N’oubliez pas que vous êtes au théâtre, semblent-ils nous signifier, que tout ceci n’est qu’illusion ; cette gare n’existe pas et ce spectacle n’est qu’une parenthèse dans le cours tumultueux de votre voyage sur la terre comme en témoignent les tableaux figés des photos de groupe!

En sortant de là, c’est vrai, le périple est à poursuivre, rendu moins lourd peut-être par le rire partagé, rendu plus dense sans doute par le sentiment de le partager avec cette humanité que Denise Bonal a si bien su faire parler…

01.06.2009

Agenda 21 : jusqu’où BBB retiendra-t-il les idées de la Nouvelle Force ?

vignette débat moyen.jpgpar Bruno Malthet

 

 

Le 28 mai, les conseils communautaire et municipal de Châlons-en-Champagne étaient invités à se prononcer à peu près sur les mêmes sujets, à savoir la suite à donner au 150 fiches issues du Grenelle local de l’environnement (GLE) et la mise en œuvre d’un agenda 21.

Le conseil communautaire avait à son menu deux délibérations, le conseil municipal une seule. L’écart provenait de ce que, du côté ville, l’agenda 21 n’était aucunement développé et qu’il se trouvait réduit qu’à une simple ligne dans la délibération relative au GLE.

Les élus municipaux ne siégeant pas au conseil communautaire ou n’ayant pas eu la curiosité d’assister à l’autre assemblée n’avaient donc pas connaissance des propos assez surprenants tenus par M. Apparu sur le rôle très réducteur qu’il attribuait à un Agenda 21.

Lors du conseil communautaire, M. Apparu a insisté sur le fait que l’Agenda 21 ne serait qu’un « simple débouché administratif » qui offrirait « un cadre de référence pour le financement » des actions du Grenelle local de l’environnement. Bref, pour faire simple, une pompe à fric. Quant au pilier social de l’Agenda 21, totalement absent du projet de délibération communautaire, il a fallu l’intervention en séance de Alain Biaux, maire de Fagnières, pour le rappeler.

Lors du conseil municipal, sans l’intervention d’Alain Goze, l’Agenda 21 serait passé totalement aux oubliettes. A en croire M. Apparu, cette intervention d’Alain Goze aurait été un « un cours de droit administratif » tout aussi inutile que rasoir, sans doute parce que les élus municipaux maîtrisaient parfaitement bien le concept d’Agenda 21. Ce qui manifestement, bien que ce ne fut pas dit, n’était absolument pas le cas des élus communautaires à qui on avait cru devoir présenter une délibération leur exposant succinctement sur deux pages ce qu’était un Agenda 21.

Mais la rage de M. Apparu envers Alain Goze venait de ce que M. le député n’avait manifestement pas apprécié que son opposant lui rappelle les deux citations précédentes et apporte à l’assemblée communale son expertise sur ce qu’est réellement un Agenda 21. Pourtant, il faut bien le reconnaître, bien peu d’élus et de citoyens le connaissent et encore moins le maîtrisent.

L’intervention d’Alain Goze fut toutefois loin d’être inutile et ne saurait être réduite à ce que l’Union en rapporta le 29 mai (cf., sur le site www.catalaunien.net cet article et la réaction de l'association Nouvelle Catalaunie à la date du 30 mai 2009). Le maire a en effet, au moins implicitement, donné tort à son bouillant dauphin et, par ricochet, raison à Alain Goze en proposant de modifier substantiellement la délibération pour tenir compte de ses remarques.

Alors que le projet de délibération prévoyait de créer un comité de suivi du GLE distinct de celui de la communauté d’agglomération, le maire a proposé que la ville « décide la mise en place d’un comité de suivi commun avec la CAC ». Quant à l’Agenda 21, pour lequel le projet ne prévoyait qu’un simple engagement à participer à celui de la CAC, la modification présentée prévoit désormais que « la ville participera à l’Agenda 21 dont la CAC est chef de file ».

La ville disposera donc d’un véritable Agenda 21 qui sera un sous-ensemble de celui de la CAC et dont les modalités, comme Alain Goze l’a fait préciser au maire, seront définies ultérieurement en conseil municipal, ce que le projet de délibération initial ne prévoyait absolument pas.

Comme le rappela Alain Goze, l’Agenda 21 est un outil devant servir pour un « vrai projet politique au niveau du territoire » qui n’est ni de gauche, ni de droite, même si, dans l’Union du 28 mai, la section locale du PS s’est prononcée contre cet outil. Ce positionnement est d’autant plus curieux que l’Agenda 21 figurait dans le programme municipal de cette formation (comme, au demeurant, dans celui de la Nouvelle Force), contrairement à celui de Bruno Bourg-Broc. Mais la morale est sauve : l’élue PS présente a en effet voté la délibération que son leader vilipendait la veille.

Il reste maintenant à vérifier si l’Agenda 21 sera effectivement au service d’un tel vrai projet ou bien, comme le voulait M. Apparu, un simple cadre administratif destiné à aller chercher des financements nationaux ou européens.

Il appartiendra à La Nouvelle Force de veiller à ce que ce qui fut chassé par la porte ne revienne pas par la fenêtre lorsque le conseil municipal aura à se prononcer, comme le maire s’y est engagé, sur les modalités de mise en œuvre de l’agenda 21.

30.05.2009

Gens du voyage : de quel plan B parle-t-on ?

image caravanes.jpgPar Bruno MALTHET

 

 

La veille de l’ascension, 150 caravanes, accompagnées de motards de la police, envahissent un terrain privé de Fagnières. L’organisme logeur « L’Effort Rémois », qui doit réaliser un lotissement à cet endroit, venait d’y planter quelques 170 000 plantes et arbustes et, suite à l’occupation illégale de ce site par d’autres gens du voyage au 15 août dernier, de réaliser une tranchée tout autour.

L’accueil des gens du voyage transitant par la Marne est un véritable casse-tête, aucun terrain suffisamment grand n’étant aménagé pour accueillir ces transhumances qui, d’année en année, voient le nombre de caravanes les composant, augmenter. En avril dernier, une réunion en Préfecture, à laquelle participaient les villes de Châlons et de Fagnières, avait conclu à l’incapacité d’accueillir les 150 caravanes annoncées et aurait acté le principe de réaliser un plan B.

« Aurait » et non pas « avait » car, suite à l’arrivée des 150 caravanes, l’amnésie est de rigueur, si on en croit le débat houleux qui a agité le conseil communautaire du 27 mai et les précisions apportées à celui du lendemain. Si Alain Biaux, le maire de Fagnières, a bien entendu parler d’un plan B le 7 avril, Joëlle Vasseur, l’élue châlonnaise, ne s’en souvient pas et le compte-rendu de la réunion n’en dit pas un mot.

Bizarre ! D’autant plus bizarre que la Préfecture et la Ville de Châlons se rejette le mistigri et refuse de porter le chapeau de la décision ayant autorisé l’installation des 150 caravanes sur un terrain privé de Fagnières. La Préfecture aurait appelé la CAC puis, faute d’interlocuteur, l’adjointe de permanence à la ville de Châlons avant d’informer, très tardivement, le maire de Fagnières, de l’arrivée des caravanes sur sa commune.

Mais, du côté de la Préfecture, on nie avoir accordé « une autorisation officielle d’installation ». Qui pourrait en douter ? Personne. Car, si tel avait été le cas, il y aurait eu réquisition, ce qui n’a pas été le cas. Mais, si les mots ont un sens, et juridiquement ils en ont nécessairement un lorsqu’ils émanent de la Préfecture, y a-t-il eu cependant une autorisation officieuse, tacite ou implicite de s’installer sur un terrain privé ? Une autorisation de violer le droit de propriété que les autorités publiques ont la charge de faire respecter ?

Du côté de Châlons, l’élue concernée s’est souvenue, en conseil communautaire, avoir refusé l’installation des caravanes sur les terrains municipaux qui lui étaient présentés (stade Frison, parc des expo, notamment), mais s’est montrée beaucoup plus vague sur les propos qu’elle aurait tenue quant aux terrains proposés à son jugement sur Fagnières. Elle s’est cependant vaguement souvenue en avoir jugé deux inappropriés (l’hippodrome et le Mont-Choisy appartenant à la Châlons). Quant au terrain envahi, ajouta-t-elle pour couper court à la polémique, elle en ignorait totalement l’existence jusqu’à ce que cette lamentable affaire n’éclate.

Du côté de Fagnières, le maire a été prévenu lorsque le choix fut fait et était en cours d’exécution. D’où la colère des élus fagniérots en conseil communautaire et leur décision de claquer la porte dudit conseil et de ne pas organiser le prochain scrutin des élections européennes.

D’où aussi cette question : y aurait-il eu exécution d’un énigmatique plan B, non écrit mais très concret, avec un B comme Biaux ? Pour incongrue qu’elle puisse paraître, la question mérite d’autant plus d’être posée qu’elle a sous-tendu et envenimé le débat du conseil communautaire. Ne faisait-on pas payer au maire de Fagnières de n’être pas UMP ? Serait-ce pour cela que les investissements communautaires sur Fagnières seraient plus longs à sortir de terre et plus aisément reportables, comme le rond-point attendu sur la route d’Epernay ?

Cette question fâcha beaucoup lors du conseil communautaire. Il est difficile ici de tirer la part du vrai de celle du faux, tant les arcanes politiciennes sont inextricables. Mais, ce qu’il y a de certain, c’est que pratiquement au même moment, un autre plan B tombait à l’eau. Le plan B comme Baty. L’intéressé, qui fut battu de 30 voix en mars 2008 par Alain Biaux lors des élections cantonales, comptait en effet sur les recours engagés par des citoyens fagniérots de ses amis pour faire invalider l’élection. Las ! Après le tribunal administratif l’an dernier, le Conseil d’Etat vient de débouter les intéressés.

Bref, même si jamais le principe d’un plan B ne fut décidé et qu’aucun plan secret du même nom ne fut exécuté, il n’en demeure pas moins une série d’interrogations. Qui a donné l’autorisation aux caravanes de s’installer sur un terrain privé ? Pourquoi la CAC est-elle intervenue sans réquisition préfectorale sur ce terrain ? Qui sont les responsables de cette situation ? Les responsables se déclareront-ils non coupables ? Quand, et c’est là l’essentiel, y aura-t-il enfin un plan B pour accueillir les grandes migrations passant par la Marne ?

20.05.2009

Une autre campagne européenne à l'initiative de la CPCA

que serait l'europe sans les asso.jpgLa CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) a été créée en 1992, elle regroupe aujourd'hui 16 coordinations associatives structurées nationalement et représentant 16 fédérations, soit 500 000 associations.

C'est un lieu d'interlocution politique indépendant qui travaille à une reconnaissance pleine et entière des valeurs et intérêts du monde associatif dans la société française.

Elle publie aujourd'hui  un manifeste intitulé QUE SERAIT L'EUROPE SANS LES ASSOCIATIONS? dans le cadre de la campagne électorale pour les européennes. Sur ce manifeste sont affirmés 7 enjeux transversaux primordiaux pour le mouvement associatif qui oeuvre à la fois pour le dialogue entre les institutions et la société civile et en tant qu'acteur incontournable d'une Europe sociale, responsable et solidaire.

PROPOSITIONS portées par le Manifeste et que la CPCA charge ses membres de répercuter auprès des candidats:

1) Une charte de la société civile établissant des standards clairs de régulation entre la société civile et les institutions européennes.

2) La participation de la société civile dans le dialogue civil européen pour vérifier que les acteurs institutionnels sont au fait des principes de la démocratie participative et de sa complémentarité avec la démocratie représentative.

3) Le statut de l'association européenne pour permettre aux associations labellisées de participer au dialogue civil européen sur les thématiques transversales.

4) Le bénévolat, creuset de la citoyenneté européenne et un appel à faire de 2011 l'année européenne du bénévolat.

5) Pour une directive sur les SSIG (Services Sociaux d'Intérêt Général) qui permettrait la reconnaissance de l'économie sociale pour mieux cerner le champ des services délivrés par le 1/3 secteur et clarifier la législation européenne en la matière.

6) Le financement des associations par le développement d'instructions de demandes de financements plus claires et accessibles.

7) L'Europe responsable et solidaire par l'adoption de décisions allant dans le sens de l'intérêt des populations les plus pauvres et la vérification de la réalisation des engagements pris par les chefs d'Etats en matière de développement.

 

Il apparaît à la lecture de ce manifeste que la meilleure prise en compte de l'importance du secteur associatif par l'Europe est peut-être une des clés qui permettrait de la rendre plus sociale et et plus citoyenne, à l'heure où on lui reproche sa technicité et son hermétisme...

Manifeste_CPCA_Europeennes.pdf

 

 

18.05.2009

La Compagnie' D revient!

théâtre.jpg

 

On avait beaucoup aimé Mère Courage de Berthold Brecht. Les voilà revenus dans:

Les pas perdus

de Denise Bonal,

une pièce pleine d'allers et venues...

Les 28, 29, 30 mai à 20h30

au CSC Vallée St Pierre

Les pas perdus A3.pdf


17.05.2009

L'inauguration du passage Jean- Pierre RAVAUX

jp-ravaux.jpg

par Bruno MALTHET

 

L’inauguration du passage Jean-Pierre Ravaux a eu lieu le 16 mai en présence de sa famille et de ses nombreux amis. Dans son discours, le maire Bruno Bourg-Broc a rappelé l’importance qu’eut, pour le retour en 1996 du toponyme historique de notre ville, la découverte par Jean-Pierre d’une lettre du 25 janvier 1373 de Charles V aux " bourgeois et habitants de Chaalons en Champaigne ".

L’érudit qu’était Jean-Pierre Ravaux savait que le deuxième " a " de " Chaalons " avait migré sur le premier avec l’invention de l’accent circonflexe au XVIème siècle. Le service communication de la ville, lui, ignorait totalement tout cela lorsqu’il fit graver la plaque de rue sans mentionner l’accent circonflexe sur le " a " de Châlons et en réduisant son toponyme historique à un vulgaire " en-Ch ".

Gageons que le maire, qui déclara dans son discours être moins savant que Jean-Pierre Ravaux, se fera cependant un point d’honneur d’inviter son service communication à copier 1000 fois " Châlons-en-Champagne " et à rectifier en conséquence la plaque de rue.

C’est au demeurant le sens de la lettre que lui a écrit Bruno Malthet, le président de l'association Nouvelle Catalaunie et que nos blogueurs pourront consulter sur le site internet

www.catalaunien.net